Mis en ligne le 28/01/2011
Match France-Allemagne. Et le gagnant est… 4 commentaires
L’Allemagne ? C’est que semble affirmer le rapport COE-Rexecode, remis au Ministre de l’Industrie Eric Besson, qui met en avant les éléments de divergence de compétitivité des deux économies (Les Echos.fr du 20.01.2011). Quelques chiffres frappants sur le décrochage de la compétitivité française :
- les exportations françaises représentent 40 % des exportations allemandes aujourd'hui, contre 55 % il y a dix ans ;
- le prix moyen des exportations françaises a progressé entre 2003 et 2008 de 8 % de plus que le prix des exportations allemandes (Les Echos.fr du 19.01.2011)..
Comparables par leur place et leur taille dans l’économie européenne, l’Allemagne et la France se différencient pourtant sur bien d’autres points (Les Echos.fr du 20.01.2011).
Le marché de l’emploi et le coût du travail
Pendant que l’Allemagne flexibilisait son marché du travail, contenait l’augmentation les salaires et privilégiait la formation professionnelle, la France réduisait le temps de travail et connaissait une augmentation de ses coûts salariaux unitaires (13 % d’écart avec l’Allemagne entre 2000 et 2007) – répercutés sur le prix des exportations et sur les marges des entreprises.
Le tissu d’entreprises
Moins importante en France, la taille des entreprises limite les innovations, la solidité financière et les exportations.
L’offre
Présente sur des secteurs industriels porteurs à l’international, l'Allemagne s’est spécialisée sur le haut de gamme alors que la France est plus présente sur les services et surfe sur sa demande intérieure importante.
L’environnement fiscal
L'ISF et les droits de succession français ont découragé la possession et les transmissions patrimoniales d'entreprise.
Pour plus d’informations :
Le rapport COE-Rexecode
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Vaste débat que la comparaison de la compétitivité entre 2 pays !
On peut toujours débattre du fondement de ce rapport. Une chose me semble certaine: les PMI perdent du terrain en France depuis quelques années et il est grand temps de réagir !
Très modestement, je souhaite partager quelques réflexions sur ces presque 4 ans chez MDC, PMI de moins de 20 salariés et rebondir sur les préconisations du rapport.
Priorité n° 1 : Prendre en compte l’impératif de compétitivité dans toute réforme de la fiscalité
Le coût du travail étant ce qu'il est, cela me semble tout à fait important de veiller à limiter toute hausse supplémentaire.
Priorité n° 2 : Améliorer notre « capacité à travailler ensemble » pour adapter dans l’entreprise le compromis social (salaire-emploi-durée du travail) à la contrainte de compétitivité.
Le dialogue social reste difficile car les intérêts à court terme sont a priori divergents :
augmentation salariale vs maintien ou diminution des coûts de production.
L’augmentation de la productivité permet de concilier ces deux objectifs. Hélas cela ne vaut que s’il y a des augmentations de volume à absorber.
Une chose est par contre certaine, il est plus facile d'échanger lorsque la structure est "petite", la prise avec la réalité des clients et du marché est plus directement compréhensible.
Priorité n° 3 : Accorder une plus grande importance au capital humain
Le savoir-faire et le savoir être sont des atouts.
Il est aussi très important de mieux valoriser les métiers dits manuels.
Il me semble aussi primordial de capitaliser sur la durée.
L'allongement de la durée de travail dans des métiers dits "pénibles" doit être prise en compte à la fois par l'amélioration des conditions de travail et l'organisation du travail.
Il faut "préserver pour conserver" !
Je pense par ailleurs qu'il est possible de concilier productivité et conditions de travail.
Priorité n° 4 : Axer plus nettement l’effort de formation et de
recherche sur le couplage recherche-industrie et le process industriel
100% d’accord !
Sans innovation produits ou service pas de développement.
Idem pour les process industriels : pas d’amélioration, pas de gains de coûts.
Le pendant est néanmoins la capacité d’investissement des entreprises…
Priorité n° 5 : Mettre en oeuvre une mesure forte et urgente de recalage de nos coûts industriels.
Comment être contre cette priorité ?
J’ai l’impression que certaines PMI manquent aussi de projets industriels.
Les coûts industriels élevés, à mon sens, ne sont pas notre seule lacune.
La problématique à résoudre est celle aussi de la structure capitalistique des PMI et la taille des entreprises (les deux me semblent liées).
Je vais peut-être choquer mais je pense que l’autre problème à résoudre réside dans le management de certaines PMI.

Sébastien - Le 28/01/2011 à 12:34
Sébastien ELOIR
Chef d'entreprise MENARD DARRIET CULLERIER
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Merci beaucoup pour votre retour d'expérience Sébastien.
Vous mettez en effet en avant les points clés de la problématique du développement des PME-PMI. Et je retiens notamment votre réflexion sur le management de l'entreprise.
Au delà des impératifs de réforme pour la fiscalité des entreprises (comment encourager l'investissement) ou encore de la nécessité de coupler recherche et industrie (comment rapprocher la recherche des laboratoires aux projets des PME) qui sont des axes de réflexion permanents, il convient de considérer l'enjeu du management comme un point clé du développement des entreprises.
Il y a aujourd'hui certains chantiers qui attendent encore d'être ouverts à ce niveau.
Je pense notamment au recrutement des jeunes talents : comment attirer et intégrer des managers stratégique et des jeunes diplômés dans les structures existantes?
Ou encore au pilotage des décisions stratégiques, face auxquelles les chefs d'entreprise sont souvent isolés : comment les y aider et développer des plateformes de conseils d'experts pour aider ces dirigeants dans leurs choix stratégiques?
Il n'est pas facile de repenser ces enjeux aujourd'hui en fonction des besoins propres de chaque entreprise. Vous le soulignez, la diversité des tailles et des structures capitalistiques des entreprises nécessite de proposer des solutions adaptées.
Cordialement
Romain Scozzaro
Rédacteur du site

Romain Scozzaro - Le 09/02/2011 à 16:14
Romain Scozzaro Rédacteur du site
Chef d'entreprise Rédacteur
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Bonjour à tous,
pour rebondir sur la première priorité, il est clair que lorque l'on constate que dans une TPE du BTP (de 5 personnes) le poids des charges sociales partonales pèsent un peu plus de 70% de la masse salariale, on peut effectivement avoir des doutes sur la compétitivité des TPE françaises par rapport à leurs voisines européennes (notamment allemandes et belges). Surtout lorsque le dirigeant de cette TPE du BTP vous fait remarquer que sur ces 70%, 23% environ correspondent à une cotisation obligatoire pour les congés payés. En conséquence, après quelques calculs, on s'est apperçu que cela coûtait moins cher de mettre un ouvrier en congés que de le mobiliser sur un chantier !
D'ailleurs, cette différence importante entre le poids fiscal et social qui pèse sur nos PME et celui qui pèse sur celles européennes a été très bien mis en exergue au début de l'année 2010, à travers une étude très intéressante réalisée par le cabinet Price Waterhouse Coopers & Lybrand (pour le compte de la Banque mondiale).
De cette étude, il ressortait notamment que la France fait partie des leaders en matière de taxation globale (sociale et fiscale) des PME, comme elle est aussi en tête des pays de l'OCDE en matière de défaillance de TPE et PME (et ce, depuis 2004).
A titre d'exemple, cette étude démontre qu'en moyenne, une petite entreprise de 60 personnes supporte une imposition globale équivalent à 66 % de ses bénéfices, contre 45% pour son homologue allemande. La principale raison évoquée par ce rapport est que la majorité de cet écart provient des charges sociales partonales et salariales.
Pour finir, j'ajoute un petit exemple que j'ai constaté entre une TPE françaises et une TPE du Bénélux (toutes les deux ayant le même nombre de salariés et étant dans le même domaine d'activité : soit l'édition de logiciels techniques). L'écart d'imposition entre la 1ère et la seconde est :
- le double en matière de charges sociales patronales (32% pour la françaises contre 16% pour celle du Bénélux) ;
- 1,8 fois plus au niveau de l'impôt sur les bénéfices : 33% pour la française contre 18% pour celle du Bénélux (sachant que ce taux d'imposition est progressif dans ce pays du Bénélux, contrairement à la France)
- une TVA réduite de 4 points environ par rapport au taux français.
Conclusion : au bout d'un an et demi, la TPE française s'est retrouvée en cessation de paiement du fait d'une "guerre des prix et de la qualité" contre laquelle elle n'a pas pu faire face durablement. A la suite de quoi, le dirigeant française a suivi ses ex-salariés dans ce pays du Bénélux pour y créer une nouvelle société informatique. Résultats : 7% de taux de rentabilité après 2 ans d'activité, des salariés mieux payés, un doublement des effectifs, un coût administratif nettement plus réduit (1/2 personne occupé, contre 1,5 personnes dans la société précédement créée).
Certes, vous me direz que c'est un cas qui n'est sûrement pas le reflet de la situation générale. Mais néanmoins, cela a le mérite de faire réfléchir...
Bien cordialement,
Pierre

Pierre - Le 11/02/2011 à 11:46
Pierre Maurin
Consultant-formateur PM Conseils
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Bonjour Monsieur Maurin,
Merci pour ces informations de terrain. La fiscalité est en effet un enjeu clé pour les entreprises de petite taille.
Pour information, l'étude de PWC s'intitule Paying taxes 2011, elle est parue en novembre 2010 et démontre que la France a amélioré son attractivité fiscale (nous passons de la 59ème à la 55ème place sur 183).
Cependant, cela n'enlève rien à la véracité de votre propos : la France est 163ème (165ème en 2009...) quant au taux d'imposition, principalement en raison des cotisations sociales supportées par les entreprises françaises.
Cette étude est téléchargeable depuis le site Internet de PWC :
http://www.pwc.fr/paying-taxes-2011.html
Cordialement,
Ariabel
Rédactrice du site Internet de l'Institut Sage

Ariabel Dany - Le 22/02/2011 à 12:19
Ariabel Dany - Rédactrice du site Internet de l'Institut Sage
Consultant Institut Sage
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