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Billet_2

Mis en ligne le 04/06/2010

Apres-crise : la personnalité du dirigeant jouera à plein dans la recherche de financements 3 commentaires


Photo_phouillon
Pascal Houillon,
Fondateur de l'Institut Sage

Depuis plusieurs années, la tendance est à l’exaltation de la concertation dans la prise de décision : l’ère de l’homme providentiel semble révolue, seule la décision collégiale apparait raisonnée et pondérée. Celles et ceux qui décideraient seul(e)s sont montré(e)s du doigt par les gourous du management participatif.

 

Et pourtant… au cœur de la tempête, c’est bien au capitaine du navire, le dirigeant d’entreprise, que l’on s’en remet. Dans le contexte fragile et incertain de la crise et d’un timide rebond, ses décisions pèsent lourd, notamment pour toutes les questions liées au financement de l’entreprise.

 

C’est pour connaître les actions et les orientations choisies par les chefs d’entreprise en matière de gestion financière dans un contexte économique tendu que l’Institut Sage a interrogé avec BVA 410 dirigeants de PME de 10 à 100 salariés en avril dernier. Les résultats de ce baromètre apportent plusieurs enseignements intéressants que je vous propose de partager.

 

Pendant la crise, la négociation avec le banquier est préférée à l'appel aux subventions (28%  vs 24%). Cette tendance devrait se confirmer puisque les dirigeants qui ont connu des problèmes de financement au sein de leur entreprise cette année (31% des répondants) envisagent en priorité des crédits bancaires ou le recours à des fonds propres pour se financer dans les 12 prochains mois. En écho à mes propos, je dis à cet égard que le pouvoir de conviction et la personnalité du dirigeant face au banquier engage, du moins dans le cadre d’une PME, l’avenir de l’entreprise tout entière.

 

Cependant, et bien évidemment, un capitaine n’est rien sans son navire. L’étude de l’Institut Sage montre que c’est au cœur même de sa structure que le dirigeant cherchera les solutions pour poursuivre le développement de son entreprise en 2011.  D’une part en puisant dans les fonds propres de l’entreprise pour se financer, d’autre part en capitalisant sur les ressources humaines : la formation sera le principal domaine d’investissement (74% des répondants) et l’optimisation de la coordination du personnel le principal objectif.

 

Ces choix seront-ils pertinents ? Espérons-le car la période de reprise fragile ne laisse pas de place à l’erreur. Plus encore que d’habitude, tout mauvais choix fera courir un risque important à l’entreprise

 

Retrouvez l’intégralité de l’étude de l’Institut Sage sur le financement des entreprises du point de vue des dirigeants. Bonne lecture !
 

Vos_commentaires (3)

Encore merci pour cet éclairage de l'Institut Sage sur des problématiques d'entreprise.

Personnellement le financement des nouveaux projets sera un mix de fonds propres, de crédits bancaires ou de financement autre.

Chaque type de projet aura un financeur différent.

La définition du projet se fait effectivement de manière participative mais la prise de décision reste l'apanage du dirigeant !

Pas toujours facile mais il faut savoir prendre des risques mesurés pour avancer (ou ne pas reculer).

Tout à fait Sébastien.

Il revient effectivement au dirigeant de prendre les décisions concernant une éventuelle prise de risques.
Il porte la vision, définit la stratégie et décide le quotidien et le futur de l'entreprise.

Je retiens néanmoins une autre de vos remarques : la définition du projet doit être participative et intégrer les collaborateurs de l'entreprise.
Il semble évident qu'à partir du moment où l'on décide d'un projet global, il convient d'y associer les hommes qui sont le moteur de l'entreprise et qui supporteront d'une manière ou d'une autre l'orientation choisie.

D'où l'importance de bien rester au contact de ses équipes et s'assurer qu'elles disposent d'une grille de compréhension élargie et pertinente. Et ce n'est pas un hasard si dans cette optique, l'étude révèle que les dirigeants souhaitent capitaliser sur les ressources humaines et plus précisément la formation.

En effet, pourquoi chercher des solutions externes lorsque les plus adaptées se trouvent au cœur même de son entreprise?
Tout en renforçant la compétence, la formation assure une continuité avec les collaborateurs dans une logique de partage, d'échange et de solidarité.

Une solidarité qui n'est pas de trop pour un dirigeant qui, du fait de sa position, souffre bien, souvent d'une certaine solitude.

Je dirais en ce qui nous concerne, que la gestion financière de notre entreprise n’est ni moins ni plus difficile qu’avant le niveau zéro de la crise. On essaie d’atteindre tant bien que mal l’équilibre financier sans prêts bancaires ni subventions.

En revanche, depuis cette crise dont les répliques systémiques restent encore à venir, nous préférons voir dans ces nouvelles donnes économiques une opportunité de coller au mieux au Réel à travers notre management.

Parce que la complexité brouille trop souvent l’appréhension d’une situation globale, revenir aux fondamentaux c’est comme l’étymologie des mots, ils permettent de se redéfinir, de se recadrer sur l’essentiel et d’éliminer le superflu.
Ainsi, nous avons déterminé 5 axes d’action qui sont Le Métier, l'Intelligence, la Mesure, les Réseaux et la Qualité.

Se recentrer sur notre cœur de Métier, c’est savoir qui l'on est et ce que l'on peut réellement bien faire.
« L'habitude néfaste a été prise de définir le métier d'une entreprise par les produits qu'elle conçoit, fabrique et/ou commercialise. Les produits sont les conséquences du métier, non l'essence ».
Ainsi notre savoir être et savoir faire, c’est de traduire les besoins du client en applications métiers dédiées aux logiciels de gestion Sage et d’être un pôle d'expertise dans la gestion des données.
Ces éléments basiques mais fondamentaux étant posés, nous pouvons œuvrer à la maîtrise de notre métier en vue de l’excellence, seule garantie de durabilité.

Ensuite vient l’axe de l’Intelligence, la valeur d’usage de nos produits immatériels procède de l’intelligence qui y est injectée. Et cette intelligence est celle de tous les collaborateurs talentueux qui constituent « l’or gris » de notre entreprise.
Si l’entreprise est un bateau, il existe des bateaux qui restent à quai (des maisons en somme), aussi statiques et lourds que s’ils étaient sur la terre ferme, et puis il y a le bateau moyen (de locomotion) dont la finalité c’est bien d’aller quelque part. Ce quelque part n’étant pas un endroit « social » ou un distributeur automatique de « rentes sécuritaires », il va de soit que nous partageons les mêmes qualités et valeurs au sein de « l’équipage » pour tenter de mener à bien notre périple.

Le 3ème axe, la Mesure qui n’est pas le principe d’économie ou de coupe budgétaire mais celui de ne pas gaspiller, surtout l’argent que l’on n’a pas. Et ceci sans sacrifier la qualité de et dans l’entreprise.
« Apprendre, en tout, à faire beaucoup mieux avec beaucoup moins »
C’est une gageure accessible pour des gens de bonne volonté et partageant la même conception de l’aventure entrepreneuriale.

Le 4 ème axe celui du Réseau interne et externe. On n’est rien, et on ne peut rien faire seuls. En la matière, il y a de nombreux sujets au sein de l’institut Sage sur ce modèle d’interactivité globale et locale à la fois.

En dernier lieu j’évoquerai l’axe de la qualité :
« Notre époque vit la fin du "tout quantitatif" ; le qualitatif, en tout, reprend valeur au-delà des prix ». La qualité de nos produits et services est notre véritable argument de vente, lui-même fondé sur le « proof of concept » : « je teste en réel et gratuitement, convaincu j’achète, pas probant je n’achète pas ».

Voilà donc à notre très petite échelle ce vers quoi nous souhaitons aller. Beaucoup de travail en perspective, d’émulations, d'interrogations mais aussi du sang froid pour ne pas transformer le bateau Entreprise en radeau de la Méduse...

Cordialement.

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