Mis en ligne le 07/09/2009
Baisse des exportations françaises : les PME entre crise économique et fragilité structurelle
Les chiffres du commerce extérieur affichent, pour la 6ème année consécutive, une baisse importante. Si la crise économique les impacte sensiblement, il s’agit pour le tissu de PME françaises d’une tendance de fond qu’il importe désormais d’infléchir.
Les chiffres du commerce extérieur, annoncés début août et relayés par nos quotidiens nationaux (Le Monde, 07 août 2009 ; Les Echos, 11 août 2009), sont sans appel. La baisse des exportations s’accentue, de -16% par rapport à 2008.
Première responsable ? La crise économique. Touchant principalement l’Union européenne, principale zone d’exportations françaises où ces dernières enregistrent une baisse de 18%, alors que les exportations vers les pays tiers (Asie, Proche et Moyen-Orient, notamment) connaissent une légère croissance (9%). Ce contexte économique difficile impacte aussi les importations (-15% par rapport à 2008), contribuant à la diminution du déficit commercial qui passe de 26,5 à 25,4 millions d’euros de 2008 à 2009. Ces chiffres suscitent la comparaison récurrente entre la France et l’Allemagne, dont l’excédent commercial affiche une croissance de 28% depuis mai 2009, soit un excédent sans précédent depuis 2008.
Ces considérations conjoncturelles ne doivent pas cacher une réalité d’ordre structurel : la France manque de PME exportatrices. En effet, le modèle économique allemand est fondé sur un tissu économique composé à 98% de PME fortement spécialisées dont 18% sont exportatrices. Au contraire, la France a largement privilégié ses champions nationaux et ses start-ups au détriment des PME dont seulement 3 à 4% exportent régulièrement.
Un paradoxe au regard des nombreuses initiatives mises en place, qu’elles soient d’ordres fiscal (crédit d’impôt sur la prospection commerciale), RH (doublement des VIE), sectoriel (définition de secteur et de zone d’exportations prioritaires), administratif (recours à des plateformes privées de gestion administrative) ou institutionnel (grâce aux agences de la COFACE et d’UBIFRANCE). Les leviers sont multiples. Ils répondent à tous les types de besoins des entrepreneurs qui doivent en bénéficier pleinement.
Le dynamisme commercial français reposera sur la capacité des PME à considérer le développement à l’international comme un véritable pilier de croissance pour l'entreprise, même en période de crise. Alors dirigeants de PME, il n’y a plus d’excuse… Foncez !