Suis-je entrepreneur ? Si oui, dois-je reprendre ou créer ? Si l'envie d'être chef d'entreprise est un élément commun à ces deux types d'activités, la question de la création ou de la reprise demeure fondamentale. On ne s'improvise pas repreneur !
1. Préparer son projet avec envie et lucidité
Faire le bilan de ses expériences passées, être extrêmement lucide sur ses capacités métiers / sectorielles, identifier clairement ses motivations et poser la question de l'équilibre familial en cas d'aventure entrepreneuriale : ces éléments marquent le point de départ de la réflexion de tout futur repreneur. L'honnêteté et la préparation sur un plan personnel autant que professionnel sont souvent gages d'un projet clair et bien pensé.
2. Bien cibler son entreprise et se différencier auprès du cédant
Reprendre ne se résume pas à succéder ou sauvegarder l'existant. Dans ce processus, le repreneur, sa personnalité, son adéquation avec les besoins de l'entreprise à un temps T de son développement, sont essentiels pour faire de la reprise une source d'innovation pour l'entreprise au bénéfice de son développement. Mais le ciblage ne fait pas tout. Si le repreneur peut choisir son entreprise, il faut également que le cédant choisisse son repreneur !
La reprise d'entreprise est avant tout une opération de séduction. Exercice particulièrement complexe, il s'agit pour le repreneur de convaincre le cédant que son projet vaut mieux que celui des concurrents, qu'il est en parfaite adéquation avec son profil et ses ambitions et de le rassurer sur sa vision à long terme de l'entreprise. Pour cela, il lui faut parvenir à démontrer que son profil de repreneur est le plus adapté à l'entreprise.
3. Construire son projet et le financer
S'appuyer sur les institutions existantes (Oséo, experts comptables, etc.) et développer une relation de partenariat avec son banquier restent les moyens les plus efficaces pour construire un bon projet de financement. Un projet bien construit permettra de convaincre le banquier et d'obtenir les fonds nécessaires.
4. Imprimer sa marque et construire sa légitimité
Le repreneur ne peut se contenter de succéder. Au-delà de la transaction financière, la reprise entraîne de nouvelles exigences de rentabilité et nécessite un certain niveau d'innovation et de réforme.
Objectif numéro un du repreneur dès son entrée dans l'entreprise : parvenir à créer de la valeur et mettre de l'intelligence dans l'offre existante. Il peut être amené si nécessaire à repenser le modèle économique de l'entreprise, sa vocation, son organisation, redéfinir le marché et la clientèle, mesurer les écarts entre le projet et la réalité de l'entreprise...
A noter : toute la légitimité du nouveau dirigeant réside dans sa capacité à fixer des objectifs simples et opérationnels et à se donner les moyens de les atteindre rapidement pour rassurer ses différents publics, en particulier l'interne.
5. Fédérer autour du nouveau projet d'entreprise et communiquer en interne
Une fois aux commandes de l'entreprise, le repreneur se trouve confronté à un univers " étranger " qui a sa propre organisation, ses rites, ses objectifs.
Tout l'enjeu d'une reprise est de parvenir à fédérer autour du projet toutes les composantes de l'écosystème de l'entreprise : clients, actionnaires, fournisseurs, financiers, salariés, partenaires commerciaux, etc.
Cela nécessite une action de communication interne afin de valoriser la nouvelle vision et de la rendre intelligible par tous les collaborateurs, premiers relais du projet.
6. Savoir s'entourer après la signature de la reprise
Il est très important de savoir s'entourer des personnes compétentes et d'apprendre à déléguer à tous les niveaux :
En interne : constituer et animer l'équipe dirigeante rassemblée autour de sa vision
En externe : s'appuyer sur le banquier devenu partenaire, sur les experts juridiques et financiers, l'expert-comptable qui gravite dans l'entreprise...
Au-delà de ceci, l'expérience montre que l'échange entre pairs est au cœur de la réussite d'une reprise. Confronter ses questions et ses solutions avec d'autres entrepreneurs rencontrant les mêmes problématiques quotidiennes peut largement aider les nouveaux repreneurs à sortir de leur solitude et à valider leurs choix. Il faut pour cela sortir des cadres d'échanges sectoriels habituels.
7. Valoriser l'entreprise et se tourner vers l'extérieur
Raisonner son entreprise en termes de valorisation financière, en d'autres termes penser cession dans le cadre du projet de reprise, est clé.
Cette valorisation passe par une ouverture du jeu en interne, en facilitant la circulation entrante et sortante des associés et en développant l'attractivité de l'entreprise pour des repreneurs éventuels.
En externe, il s'agit de créer et de protéger une image positive auprès de ses partenaires, ses clients et ses fournisseurs. Savoir communiquer sur son action en externe permet de développer son influence et d'atteindre les objectifs business fixés pour, le moment venu et si le dirigeant le souhaite, céder l'activité pour partir vers de nouveaux projets entrepreneuriaux.
Disons-le sans ambages : la France manque d’entreprises de taille intermédiaire (ETI). Une faiblesse d’autant plus préoccupante pour l’économie française que ces entreprises disposent d’atouts majeurs... Lire la suite