Mis en ligne le 11/03/2010
Quel avenir pour l’investissement dans les entreprises ?
Le 2 mars dernier, les Echos interviewaient Jean-Louis de Bernardy, président de l’Afic (l’Association française des investisseurs en capital) sur la situation des investissements français dans les entreprises. Bilan mitigé et situation délicate selon l’intéressé qui avance néanmoins quelques arguments pour améliorer le fonctionnement du capital développement.
Bilan 2009 : une situation difficile
La crise et l’état du marché ont eu un impact non négligeable sur les sociétés d’investissements. 20 à 25% de leurs équipes pourraient disparaître, un chiffre important que ne nie pas Jean-Louis de Bernardy. Les fonds revoient à la baisse les engagements de leurs investisseurs et réorientent leur stratégie.
Les plus touchés seraient les fonds de proximité, venture capital et capital développement dont les investisseurs sont avant tout nationaux. Pour le président de l’Afic, leur situation est « préoccupante ». « Ils vont progressivement se retrouver en état d’asphyxie et être alors incapables de répondre aux besoins des entreprises », notamment les plus innovantes.
Le venture capital et le capital développement investissant en moyenne 2,5 milliards par an, il resterait 1,5 milliard à trouver, sachant que les fonds d’investissement de proximité et les fonds communs de placement dans l’innovation ont d’ores et déjà apporté 979 millions l’année dernière.
Quelles perspectives ?
Face à ce constat alarmant, Jean-Louis de Bernardy fait quelques propositions, de nature à contrer le déclin annoncé des fonds d’investissement.
Du point de vue de l’Afic tout d’abord, qui a connu une perte d’exploitation : face à la baisse des cotisations de ses membres, l’association prévoit une révision du barème des cotisations en juin prochain.
De manière plus générale ensuite, M. de Bernardy indique que l’épargne doit davantage s’orienter vers les entreprises : l’épargne des français est certes importante mais s’inscrit sur du court terme et des actifs à faible risque. L’investissement doit ainsi s’orienter sur une épargne plus long terme, moins frileuse. A cet effet, le président de l’Afic propose de passer par l’assurance-vie, en rallongeant les contrats de huit à douze ans ou encore de se tourner vers l’épargne salariale en imaginant que le porteur soit déchargé d’une partie des risques en cas d’engagement sur le long terme.
A court terme en tout cas, la situation reste très difficile pour les sociétés d’investissement et peu encourageante pour les entreprises en besoin de financement.
Retrouvez l’intégralité de cette interview sur le site des Echos
Pour en savoir plus sur les sociétés d’investissements et leur relation avec les entreprises, consultez le compte rendu de la conférence de l’Afic sur le sujet, en partenariat avec l’Institut Sage.