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Accueil > Innovation > Une charte de bonne pratique entre grands groupes et PME : vers une solidarité des entreprises françaises ?

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Mis en ligne le 18/02/2010

Une charte de bonne pratique entre grands groupes et PME : vers une solidarité des entreprises françaises ? 1 commentaire


Le 11 février dernier, une charte de bonnes pratiques pour améliorer les relations entre les grandes entreprises et PME sous-traitantes a été signée au ministère de l’économie (Les Echos, 11/02/2010).
Une vingtaine de grandes entreprises – et notamment EADS, Veolia Environnement, EDF ou Danone – ainsi que la ministre de l’économie, Christine Lagarde, sont signataires de la charte co-rédigée par la médiation du crédit et la Compagnie des Dirigeants et Acheteurs de France (CDAF).

Le document a été élaboré afin d’améliorer les relations sur le long terme entre  les grands groupes et leurs fournisseurs TPE-PME.
Parmi les engagements les plus significatifs, nous relevons les points suivants.

  • Assurer une équité financière vis-à-vis des fournisseurs


En conformité avec la loi de modernisation de l’économie (LME), les grands groupes veillent à s’abstenir de pratiques telles que :
-    l’imposition de taux d’escompte excessifs,
-    le défaut d’information du fournisseur en cas de litige,
-    le retard volontaire dans le traitement du litige.

  • Favoriser la collaboration entre grands donneurs d’ordre et fournisseurs stratégiques


-    Partager les coûts de qualification,
-    Aider les PME à la performance de leur entreprise (production, achat….).

  • Réduire les risques de dépendances réciproques


Il s’agit pour les donneurs d’ordre de valoriser et d’encourager toutes actions engagées par les PME qui peuvent leur être bénéfiques dans la poursuite de leur relation (diversification, internationalisation, amélioration des savoir-faire).

Par ailleurs, le désengagement des grands groupes sera anticipé et progressif, de manière à ce que les PME sous-traitantes puissent bénéficier d’une meilleure visibilité.

  • Impliquer les grands donneurs d’ordres dans leur filière


Cette implication consiste à :
-    établir une relation de confiance avec le management de l’entreprise, en particulier le chef d’entreprise,
-    développer une gestion prévisionnelle des achats pour donner de la visibilité aux fournisseurs,
-    protéger la filière en évitant de réintégrer brutalement des opérations en périodes de crise et être attentif au maintien des capacités et des savoir-faire.

  • Apprécier le coût total de l’achat


-    Prendre en compte l’ensemble des composantes du coût,
-    Intégrer l’ensemble des aléas liés à l’évaluation de ces coûts totaux.

  • Intégrer la problématique environnementale


Les grands groupes doivent anticiper au mieux les enjeux du développement durable tels que le recyclage en fin de vie, le traitement des déchets, la pollution, la consommation d’énergie et le bilan carbone.
A ce titre, la charte précise également que les grands groupes ont un rôle d’exemplarité en vue de sensibiliser leurs fournisseurs sur leur responsabilité.

Cette charte marque donc une amélioration dans les relations entre grands groupes et PME : elle traduit des engagements clairs, concis et sur différents niveaux de collaboration (achat, management, développement durable…). Un comité de pilotage a été créé et doit se réunir au moins deux fois par an afin de vérifier le respect de ces engagements: chaque groupe signataire désignera un "correspondant PME" qui pourra alors être saisi par les fournisseurs.
Mais surtout, cette charte introduit des responsabilités partagées au bénéfice des PME qui se trouvent davantage accompagnées, protégées et incitées à poursuivre leur développement en s’appuyant sur la relation qu’elles entretiennent avec leurs grands donneurs d’ordre.

Cette charte est un signe positif d’une plus forte collaboration entre PME et grands groupes. L’implication de ces dernières est un levier important du développement des PME. Elle doit se traduire de manière plus forte, notamment en ce qui concerne les pôles de compétitivité par exemple (sur ce sujet, voir le billet de Pascal Houillon du 27/01/2010).


Téléchargez l’intégralité de la charte


Vous êtes fournisseur d’un grand groupe ? Vous aimeriez voir davantage de collaboration entre grands groupes et PME ? Quelles sont selon vous les clés d’une relation équilibrée et bénéfique aux deux parties ? Comment les PME peuvent-elles s’inspirer des grandes entreprises ?
 

Vos_commentaires (1)

Je suis complétement d'accord sur la responsabilité des grands groupes vis-à-vis des PME dans le cadre des pôles de compétitivité: ces structures ont besoin de moyens et d'engagements concrets pour que les PME puissent y être durablement associées.

Quant à l'exemplarité des grands groupes, elle est certes importante à solliciter mais ne nous leurrons pas pour autant: les PME ne les ont pas attendu (pas plus que cette Charte de bonnes pratiques) pour s'adapter aux nouveaux enjeux de l'époque. Sur la seule variable de la problématique environnementale, je les trouve même davantage actives et innovantes: que ce soit au niveau des mesures mises en place (maîtrise de l'énergie ou dépollution; adaptation des bâtiments...) ou des solutions apportées (les "PME du solaire ou de l'éolien"...).

Raphael - Le 22/02/2010 à 16:29

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