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Observatoire

Mis en ligne le 10/02/2010

L’analyse de conjoncture trimestrielle de l’Institut Sage : Février 2010


                           La situation économique a changé depuis septembre 2008. D’abord incrédules, les PME françaises ont observé les soubresauts de l’économie au rythme des médias. Médias qui s’attendaient au pire en rappelant les affres de 1993, puis 1929 alors que les PME restaient, elles, individuellement sereines comme le montraient nos études. C’est dans ce contexte que l’Institut Sage a commencé à révéler divers résultats encourageants. Ces résultats sont issus des nombreuses études que nous menons sur l’ensemble des entreprises françaises et de l’analyse que nous faisons des précieuses données économiques institutionnelles (INSEE, SESSI, Banque de France,…).

 

 

Nous nous situons aujourd’hui au milieu du gué après un creux brutal. Les quelques chiffres que nous commentons ci-dessous font ressortir des notes plutôt positives. Il faut cependant garder à l’esprit que le niveau de confiance exprimé par les dirigeants interrogés en début d’année intègre pour certains d’entre eux une part d’espoir intangible en l’avenir.

 

 

Dès janvier 2009, les chiffres du climat des affaires de la Banque de France montraient un premier infléchissement que nos études menées à la même période venaient corroborer. En effet, à cette date, 13% des entreprises françaises percevaient leur trésorerie dégradée ou fortement dégradée. L’autre lecture était de considérer que 87% des entreprises françaises se sentaient à cette date suffisamment à l’aise et que 22% d’entres-elles pensaient même faire de la croissance de chiffre d’affaire sur 20091.

L’année 2010 s’annonce-t-elle comme une année de reprise ? Un an plus tard, la conjonction de la relative bonne santé des PME françaises et des mesures gouvernementales ont permis de contenir les effets de la crise. L’arrivée du mécanisme d’Auto-entrepreneur a permis à des jeunes créateurs ou des salariés licenciés de rebondir en bénéficiant d’un cadre administratif plus favorable. Les dernières études de l’Institut Sage menées auprès de 3077 dirigeants d’entreprises entre 0 et 2000 salariés selon la méthode des quotas montrent que 35% des dirigeants pensent faire de la croissance de chiffre d’affaires contre 22% à la même période l’an passé.

1Etude Sage IPSOS 2008-12

 Etude Sage IPSOS 2010-01

2010, année de transition

 

Le graphique ci-dessus nous montre que les dirigeants des PME françaises sont plus confiants même si 2010 s’annonce comme une année de convalescence pour les entreprises au regard des proportions passées. En effet, avant 2008, les dirigeants des PME françaises présentaient des taux d’optimisme moyen de croissance de leur chiffre d’affaires de l’ordre de 45% contre 35% en moyenne cette année. Cette réalité moyenne est variable selon les secteurs d’activités comme le montre le graphique ci-dessous :

Etude Sage IPSOS 2010-01

 

Nous observons que les services aux entreprises sont plus confiants en 2010 qu’en 2008. Sur un autre plan, les services de proximité comme le commerce de détail et la restauration reviennent en 2010 à des niveaux comparables à ceux de 2008. L’industrie et le transport sont en phase de convalescence en 2010 par rapport à nos observations de 2008 et 2009. Seuls les secteurs du négoce, de la construction et de l’immobilier sont nettement moins optimistes pour 2010 qu’ils ne l’étaient en 2008.

Les collectivités locales dans un rôle clé pas assez connu des PME

 

Face au plan de relance, nous avons voulu mesurer le rôle des collectivités locales. Ces dernières ont été positionnées par le Gouvernement comme le pivot de la politique d’investissement et de relance du tissu économique local. Une étude menée en décembre 2009 par l’Institut Sage auprès d’un échantillon de 512 entreprises a montré que seulement 11% des entreprises connaissaient ce rôle. Cette proportion peut paraître modeste mais elle est cependant à rapprocher des 13% d’entreprises qui percevaient leur trésorerie dégradée en janvier 2009. Ceci se traduit dans les principales problématiques des entreprises pour les 12 mois à venir par les choix suivants :

 

Taille salariale  [0-1[       [1-10[     [10-20[    [20-100[  [100-500[  [500-2 000[
Réductiondes coûts  8%  16% 15% 25% 34% 36%
Améliorer la fidélisation de vos clients 22%  19%  16% 15% 15% 14%
 Optimiser la coordination au sein de vos équipes   4% 6% 9% 9% 14%
 Augmenter votre rentabilité  24% 20% 19% 14% 10% 10%
 Sortir de la crise  25% 23% 23% 20% 11% 6%
 Refinancer votre entreprise  2% 5%  3% 2% 4% 1%
 Aucune de celle-ci 15% 10%  10%  6%  4%  4%

 Etude Sage IPSOS 2010-01

Au-delà de 20 salariés, les entreprises privilégient la réduction des coûts et l’optimisation de la coordination des équipes. Ceci pourrait se traduire pour 19% des entreprises de plus de 50 salariés par une réduction des effectifs. Les moins de 20 salariés s’orientent quant à elles pour ¼ vers une augmentation de leur rentabilité et pour un autre ¼ vers des actions de refinancement. Elles privilégient également le maintien des effectifs ou leur renforcement pour 91% d’entre-elles.

Matthieu Mille, Directeur de l’Observatoire & Damien Louvet, Délégué Général de l’Institut Sage

 

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