Mis en ligne le 11/07/2012
Climat des affaires : l'analyse économique du 12 juillet
L’Institut Sage analyse la situation économique de la France et vous offre un décryptage d’un indicateur clé. Au sommaire cette semaine, les dépenses des entreprises en R&D, le taux de marge par secteur, le coût de la construction et un focus sur le déficit public.
Dépenses en R&D (COE-Rexecode)

Les dépenses en R&D, (qui comprennent la recherche fondamentale, la recherche appliquée et le développement expérimental, selon la définition de l’OCDE) réalisées par les entreprises rapportées au montant de leur excédent brut d’exploitation a atteint 7,3%. Un taux à peine inférieur au taux allemand (7,7%). L’insuffisance des dépenses souvent à l’origine du manque de compétitivité des entreprises françaises s’explique essentiellement par la faiblesse des résultats des entreprises et non pas par un taux d’effort significativement plus faible en France qu’en Allemagne.
Quel impact pour les entreprises ?
L’innovation est le levier essentiel de croissance pour les PME. La compétitivité d’une entreprise repose sur sa capacité à répondre à la concurrence des pays émergents en offrant sur le marché soit des produits moins chers soit des produits à plus forte valeur ajoutée. L’innovation permet non seulement de rationaliser le processus de production mais également d’ajouter de la valeur aux produits.
Grâce au Crédit d’Impôt Recherche, les entreprises françaises peuvent accroître leur effort de R&D en recouvrant une partie des dépenses engagées à ce titre sous forme d’un crédit d’impôt imputé sur l’impôt sur les bénéfices, restitué au bout de 3 ans, voire immédiatement dans certains cas. Trois catégories d’activités sont concernées par le Crédit d’Impôt Recherche : la recherche fondamentale, la recherche appliquée et le développement expérimental.
Taux de marge par secteur (COE-Rexecode)

Le secteur de la construction est le seul secteur à afficher un taux de marge supérieur en 2011 à son niveau de 2000. Mais la fin des avantages fiscaux provoquant déjà une baisse de plus de 10 % des ventes de logements, menace l’activité. Le secteur des services marchands a subi les effets de la récession et a vu son taux de marge s’effriter. Il était de 33,4 % en 2000 et est tombé à 29,9 % l’an dernier. Mais c’est le secteur industriel qui a subi les plus forts reculs avec une chute de plus de 10 % lors de la dernière décennie de son taux de marge, passant de 33% à 21,3 %.
Quel impact pour les entreprises ?
Les coûts de production pourraient s’alléger dans le secteur industriel avec la baisse des cours des matières premières. Dans les services, la concurrence étant de plus en plus dure, il sera difficile pour les PME d’augmenter leurs prix pour compenser.
Coût de la construction (Insee)

Les coûts des locaux dérapent. L’indice du coût de la construction qui sert de référence pour revaloriser les baux commerciaux s’est envolé sur les trois derniers trimestres pour culminer à près de 7% fin 2011 par rapport à 2010. Depuis 2000, la hausse totale atteint presque 40 %. Du coup, l’indice des loyers commerciaux grimpe en moyenne de 0,4 % par trimestre. Depuis 2007, les loyers ont bondi de 5 %.
Quel impact pour les entreprises ?
La hausse du coût de la construction est une charge supplémentaire pour les entreprises qui pèse sur leur trésorerie.
Focus : déficit public (Ministère de l’économie)

Le candidat socialiste, François Hollande, prévoyait d’atteindre l’objectif de déficit budgétaire de 3% du PIB en 2013 en trouvant 30 milliards d’euros d’économies ou de recettes supplémentaires. Mais son programme reposait sur une hypothèse de croissance de 0,7% en 2012, que Jean-Marc Ayrault a ramenée à 0,3%, mais également sur un pari très optimiste de 1,7% de croissance en 2013. Or, le Premier ministre a officiellement revu sa copie et abaissé sa prévision de PIB à 1,2%. De fait, l’effort nécessaire pour parvenir aux 3% doit être réévalué. La cour des comptes l’estime entre 6 et 10 milliards d’euros pour 2012 et à 33 milliards pour 2013. Soit potentiellement 13 milliards de plus que prévu. Il risque d’être encore plus élevé si la croissance 2013 tombe en dessous de 1%.
Quel impact pour les entreprises ?
Si la croissance s’avère inférieure aux prévisions, le tour de vis fiscal pourrait être plus dur encore. Or cette pression fiscale supplémentaire pourrait peser sur la trésorerie des entreprises.