Mis en ligne le 03/07/2012
Climat des affaires : l'analyse économique du 5 juillet
Le ministre de l'Economie Pierre Moscovici a annoncé que le gouvernement s'apprêtait à réviser à la baisse ses prévisions de croissance à 0,4% pour 2012 "ou même un chiffre plus prudent encore", contre 0,5% attendu jusqu'à présent. Et pour 2013 ? "Tabler sur une progression du PIB comprise dans une fourchette de 1 % à 1,3 % - retenue par toutes les grandes institutions - paraît plus crédible" que les 1,7% attendus jusqu'ici, a ajouté le ministre. De son côté, l'Insee a estimé que l'économie française devrait ralentir fortement en 2012, avec une croissance limitée à 0,4%.
Confiance des ménages (source Insee)

Le moral des ménages en France est resté stable en juin. L'indicateur qui le mesure se maintient à 90 mais à un niveau tout de même inférieur à sa moyenne de longue période, remarque l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).
Cet indicateur de confiance, qui permet d'anticiper l'évolution de la consommation, est en légère hausse par rapport à mars et avril, où il était respectivement de 87 et 89.
Des ménages pessimistes quant à l’évolution du marché du travail…
En revanche, les ménages sont nettement plus nombreux qu'en mai à anticiper une hausse du chômage, constate l'Insee. Et interrogés sur leur capacité à thésauriser, les Français jugent que le moment est plus favorable à l’épargne.
… mais enclins à effectuer des achats importants
Cependant, leur opinion sur l'opportunité de faire des achats importants progresse (+3 points), a précisé l'Insee.
Quel impact pour les PME ?
Ce constat pourrait être plutôt de bon augure pour la consommation dans les mois à venir avec comme soutien supplémentaire une stagnation perçue des prix. Une bonne nouvelle pour les PME, dans un environnement plutôt gris.
Biens d’équipement (commerce de gros) (source Insee)

Les grossistes en biens d’équipement industriels signalent un net ralentissement de la marche des affaires, selon l’Insee. Les ventes passées ont chuté et les chefs d’entreprise annoncent une dégradation de leur activité dans les prochains mois.
Les exportations reculent
Ce sont surtout les ventes vers les marchés extérieurs qui devraient reculer au cours des prochains mois car les carnets de commandes se dégarnissent.
Quel impact pour les PME ?
La détérioration nette en mai de l’activité et des perspectives dans le commerce de gros de biens d’équipement industriels, un bon indicateur avancé du climat des affaires en France, annonce le freinage de l’économie française en 2012, souligne l’Insee.
Activité dans les services (source Insee)

D’après les chefs d’entreprise interrogés en juin 2012, la conjoncture reste dégradée dans les services. L’indicateur synthétique du climat des affaires perd un point et s’établit à 88, soit toujours un niveau inférieur à sa moyenne de longue période, constate l’Insee. Les entrepreneurs estiment que leur volume d’affaires a ralenti sur la période récente, et révisent à la baisse leurs anticipations d’activité pour les mois à venir, toujours selon l'Institut national de la statistique et des études économiques.
Presque tous les secteurs freinent
Selon les chefs d’entreprise, l’activité a décéléré au cours des derniers mois dans tous les secteurs sauf l’information-communication. Les patrons restent pessimistes pour les mois à venir.
Quel impact pour les PME ?
Le recul de l’activité dans les services notamment aux entreprises reflète une dégradation de la conjoncture française, y compris dans le secteur industriel. D’ailleurs, dans le transport routier de marchandises et de la messagerie, le solde d’opinion relatif à l’activité passée est en baisse par rapport à mai. Les transporteurs routiers n’envisagent aucune accélération de leur activité dans les prochains mois, selon l’Insee.
Focus : prix des matières premières industrielles

En mai, les prix en devises des matières premières industrielles ont continué de baisser (–2,6 % après –2,1 % en avril). Le recul des prix des matières premières minérales s’est accentué (–4,4 % après –2,8 %). Les cours des métaux non ferreux sont de nouveau en baisse (–3,3 % après –4,0 %), notamment ceux du cuivre (–4,1 %), du nickel (–4,9 %), du zinc (–3,8 %) et, dans une moindre mesure, de l’aluminium (–2,2 %). Parallèlement, les cours des métaux précieux ont fortement chuté (–6,3 % après –2,9 %), principalement ceux de l’argent (–9,1 %) et de l’or (–3,9 %).
En euros, la baisse du prix du baril a été légèrement moindre, car la dépréciation de la monnaie européenne vis-à-vis du dollar s’est poursuivie.
Les prix des matières premières agro-industrielles se sont toutefois redressés (+2,8 % après –0,2 %) sous l’impulsion des bois sciés de conifères dont les prix ont accéléré (+8,9 %) et de la pâte à papier qui a continué de s’apprécier (+0,8 %).
En revanche, les cours des fibres textiles naturelles se sont repliés (–10,6 %) sous l’effet de la baisse sensible des cours du coton (–11,3 %), due au ralentissement de l’activité en Chine qui représente environ 40 % de la consommation mondiale de coton.
Comment s’explique cette baisse ?
D’abord par le ralentissement de la demande mondiale, notamment en Chine. Mais le repli est accentué aussi par le rebond du dollar et le retrait des investisseurs financiers.
Quel impact pour l’activité des PME ?
Dans un contexte de concurrence féroce, la baisse du prix des matières premières permettra d’accroître la compétitivité- prix des PME.