Mis en ligne le 29/02/2012
Myriam Radi, chef de marché cash management chez Sage : gestion des cautions bancaires et enjeu pour les entreprises

La caution bancaire s’avère une forme de crédit particulière dans sa gestion et constitue un enjeu majeur pour l’entreprise, notamment pour sa trésorerie. Dans sa définition, la caution bancaire est un engagement financier par lequel une institution financière se porte garant pour les comptes du bénéficiaire en cas de défaillance de ce dernier. Légalement, elle revêt une dimension réglementaire à ne pas négliger.
Ainsi, une administration fiscale comme les Douanes l’exige-t-elle pour différer le paiement des taxes. Ensuite, cette ligne de crédit est à respecter car contractuelle entre l’établissement financier et le bénéficiaire et s’inscrit ainsi dans les clauses des négociations commerciales du bénéficiaire. Dans le BTP par exemple, dans l’exécution du chantier, le bénéficiaire est en position de demander une caution bancaire de bonne fin garantissant la bonne exécution du contrat par le maître d’œuvre vis-à-vis du donneur d’ordre.
« La caution bancaire agit comme une ligne de crédit avec comme particularité d’être inscrite hors bilan si elle n’est pas utilisée », explique Myriam Radi. « Dans ce cadre, elle est donc soumise à validation de la banque et assujettie à des commissions pouvant aller jusqu’à 1% sur le montant global de la garantie, auxquelles s’ajoutent des frais par garantie émise. Sans oublier les commissions de dépassement, voire de non utilisation des lignes ».
En outre, pour les grands comptes, lors de la clôture des comptes trimestrielle, les commissaires aux comptes et auditeurs peuvent exiger la liste des cautions bancaires domiciliées auprès des banques ainsi que les mains levées (exigence de contrôle interne type SOX). Cette exigence de gestion des cautions est également importante pour les PME car cela peut entraîner des problèmes de trésorerie du fait de l’engagement hors bilan quand la ligne n’est pas utilisée qui apporte un manque de visibilité.
Une utilisation diversifiée
La caution bancaire représente un outil diversement utilisé. En général, elle est demandée lors de l’appel d’offres voire inscrite dans les clauses contractuelles pour des secteurs comme le BTP, les transactions import-export pour couvrir le risque de non paiement des marchandises. Elle est exigée comme cautions environnementales dans les exploitations de carrières, le stockage de déchets, les installations classées afin de garantir la remise en état en cas d’arrêt de l’exploitation. Enfin, elle peut-être demandée lors de prestation physique commerciale, pour une agence immobilière, le secteur des assurances, une agence de voyage, des transporteurs ou des concessionnaires.
Cette diversité entraîne « un enjeu de pilotage de trésorerie et financier important pour l’entreprise », poursuit Myriam Radi. « Cela nécessite en conséquence un suivi précis de chaque caution bancaire ainsi que la création d’alertes notamment pour le suivi des notifications de main levée afin de ne pas occasionner de frais inutiles. La crise des marchés financiers, amorcée l’été dernier, cumulée avec la mise en place de Bâle III positionnent les entreprises durement face aux crédits. On assiste à un resserrement du crédit et notamment des cautions bancaires, ce qui nécessite une gestion et un pilotage d’autant plus rigoureux. »
Un outil informatique adapté
Afin de répondre à ces exigences dans un tel contexte économique et réglementaire, l’entreprise peut se doter d’un outil informatique adapté, quelque soit la volumétrie de cautions bancaires à gérer. En effet, l’important est de mesurer leur impact potentiel sur la trésorerie de l’entreprise et des risques encourus si l’encours associé est considérable. Or, dans cette optique, la gestion via un tableur en plus d’être laborieuse peut être source d’erreur de saisie et est peu fiable en termes de suivi.
« Dans un marché du cash management tendu, il devient impératif d’avoir un tel système de gestion », souligne Myriam Radi. « Il faut aussi insister sur l’ergonomie et la compatibilité de l’outil avec les systèmes d’exploitation et les applications du marché. Il faut aussi veiller à ce que l’application dispose de tableaux de bords permettant de piloter le suivi des cautions de façon dynamique via des graphes et des tableurs ; en automatisant également le suivi des mains levées.»
Actuellement un tel outil apporte une innovation et une expertise métier au client dans une dynamique d’accompagnement permettant à l’entreprise d’en resituer l’enjeu. Enfin, cet outil de gestion de la relation bancaire via le reporting des frais & commissions des cautions par banque offre un panorama global de comparaison et peut s’avérer utile dans les négociations bancaires de l’entreprise pour la mise en place des lignes de cautions bancaires.
Pour en savoir plus : Rencontre Sage "Les cautions bancaires : mieux les gérer pour trouver du cash", mardi 13 mars à 8h30, The WestIn Paris Vendôme