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Observatoire

Mis en ligne le 15/10/2009

Sage L’analyse conjoncturelle de l’Institut Sage : octobre 2009


Eléments de contexte

Le système financier mondial traverse une crise profonde qui a démarré au milieu de l’été 2007. Cette crise, circonscrite initialement au marché immobilier américain, a progressivement affecté l’ensemble du système mondial. Elle a débuté en Europe - en septembre 2008,entrainant un ralentissement sans précédent de la production industrielle et fragilisant un temps le secteur bancaire.
 
Au sein des PME, cette situation exceptionnelle s’est traduite dans un premier temps par une incrédulité pour  la majorité des entreprises. Ainsi, notre mesure d’impact de la crise sur ce segment d’entreprise révélait que seules 13% d’entre elles se disaient fragilisées dans leur trésorerie en janvier 2009, avec une mesure identique en juin 2009. Cette absence de variation s’explique par le fait que nous n’avions pas encore l’impact du recul de la consommation des ménages.
 
Une reprise en trompe l’oeil

Les courbes actuelles de la bourse peuvent laisser penser à certains le début d’une reprise. La lecture des crises précédentes montre cependant des reprises plus longues et chaotiques. La remontée des cours de bourse après le craquement de la bulle internet s’est faite en tôle ondulée sur près de 4 ans. La différence aujourd’hui vient du fait que la chute plus brutale de 2008 entraîne une impression de reprise plus vigoureuse. Cette reprise est simplement une remise à des niveaux plus normaux au regard de la valeur boursière des entreprises qui avait chuté au-delà du raisonnable.

Mais l’économie ne se résume pas à un indicateur, comme le montrent les propositions Stiglitz d’enrichissement de la mesure du PIB. Une moyenne unique restera toujours une moyenne. Elle englobe de telles disparités qu’il serait préférable de retenir une vision déjà plus ouverte qui croiserait médiane et moyenne pour se faire une réelle idée de la juste mesure. En effet, toute moyenne est une somme d’éléments extrêmes qui peuvent tirer vers le haut ou vers le bas sans refléter la réalité vécue par la majorité observée. La moyenne des revenus des ménages français est ainsi tirée vers le haut par une frange plus réduite. Il serait plus réaliste d’exclure les 5% extrêmes pour une mesure plus proche de la réalité générale.
 
Indice de confiance des consommateurs

Que penser justement de la situation des ménages et de l’industrie face au sentiment de retour à un niveau plus normal pour les banques ? Et l’autre question qui se pose, sommes-nous réellement sur un retour à un niveau « normal » ?




 

INSEE - Mise à jour du 10/09/2009

L’amélioration de la situation économique ne doit pas s’apprécier au seul regard du retour positif du PIB, de l’impact du soutien des Etats ou de la bourse. Elle se doit d’intégrer également une observation fine du recours à l’intérim, du chômage, de la confiance du climat des affaires et celui des ménages… Toutes ces données citées sont accessibles à tous sur les sites de l’INSEE, du SESSI ou de la Banque de France et permettent d’apprécier davantage la réalité du moment. Si l’on prend le cas de l’intérim, celui-ci est exemplaire car il montre un niveau de recours en juin 2009 comparable à celui de juin 1998, soit 200 000 équivalent temps plein manquant par rapport à juin 2007. L’intérim est un volant classique de la gestion de la production sous un angle RH par les groupes industriels depuis 1993. Ce bas niveau nous montre que la production est restée faible et que la crise actuelle touche tout particulièrement les travailleurs fragilisés. Nous ne voyons pas de reprise dans l’intérim alors qu’elle en a toujours été l’élément annonciateur. Cet exemple, croisé avec la production industrielle faible malgré un début de reconstitution des stocks, et le léger décrochage de la consommation montrent certes qu’il y a reprise mais dans une moindre ampleur que peut le traduire la bourse. La bourse est d’ailleurs plus sur un ajustement après crise vers un palier intermédiaire. Tout ceci pose  la question de la pérennité de cette reprise et des soubresauts à venir.
 
Matthieu Mille, Directeur des Etudes de l’Institut Sage

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