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Billet_2

Mis en ligne le 21/02/2012

Les ETI ? Simplement des PME optimistes !


Pour rappel, les entreprises de taille intermédiaire (ETI) sont celles dont les effectifs se situent entre 250 à 5 000 personnes, et dont le chiffre d’affaires n'excède pas 1,5 milliard d'euros ou un total de bilan n'excédant pas 2 milliards.

Il est aisé de pointer les erreurs de pronostic des uns ou de diagnostic des autres. Reste que l’on compte moins de défaillances dans la catégorie des ETI que dans celle des PME. De plus, les ETI investissent davantage. Toutefois, il faut admettre que le Mittelstand français voulu par le gouvernement est encore loin d’être une réalité.

A vrai dire, nos PME peinent à grossir. C’est probablement là que le bât blesse. En France, nous avons certes créé les conditions pour créer des entreprises, via le statut d’auto-entrepreneur notamment, mais sans doute pas assez pour les faire grandir… Quelles sont les raisons de ce que l’on peut appeler, pudiquement, un semi-échec ?

On a souvent avancé - à raison - des éléments de réponse d’ordre technique : aménagement du crédit d’impôt-recherche pénalisant surtout les jeunes entreprises innovantes, réforme de la taxe professionnelle au détriment des grosses PME. On pourrait aussi ajouter des éléments conjoncturels : volatilité des marchés financiers freinant l’investissement, dégradation du contexte économique, etc.

On a aussi dit maintes fois – à raison également – combien il était essentiel d’intensifier encore l’effort de recherche afin de développer des produits technologiques de haute qualité pour conquérir les marchés étrangers d’une part, et d’encourager l’export par une aide extérieure permettant de financer de longs et coûteux déplacements à l'étranger d’autre part.

Mais ne nous leurrons pas : dans une économie libérale, c’est bien par le chiffre d'affaires, et non par l’aide publique, qu’une entreprise grandit. Pour relancer l’activité, diversification, acquisitions, et innovation dans les services me semblent de plus puissants leviers à court terme. Ainsi, la diversification permet d'absorber les chocs. A contrario, ne fournir qu'un seul secteur d'activité rend l’entreprise vulnérable.

Je crois qu’il s’agit aussi d’une question d’état d’esprit. Et l’état d'esprit ne se décrète pas… Nombre de chefs d’entreprises français ne souhaitent pas ouvrir leur capital afin de rester seul maître à bord, quitte à brider la croissance de leur entreprise pour conserver leur « âme de PME » ou pour ne pas aiguiser l’appétit des grands groupes. Il est en effet admis dans certains cercles - cultivant le goût du paradoxe - qu’une TPE ou une PME ne peut survivre… qu’en mourant, c’est-à-dire en étant absorbée par un grand groupe.

Ensuite, le dirigeant doit changer dans son style de management et son leadership en acceptant de déléguer et de ne plus tout contrôler. La croissance d'une PME repose bien souvent sur l'aptitude du dirigeant à s'entourer d'hommes et de femmes capables de porter avec lui le développement de l'entreprise, et sur sa capacité à accepter d'être « challengé » sur ses convictions profondes, sans toutefois perdre la main sur les décisions stratégiques.

Je me risquerais enfin à avancer un facteur psychologique qui fait selon moi obstacle à la croissance de nos PME en limitant la prise de risque : nous serions, selon une étude au fort écho médiatique, l’un des peuples les plus pessimistes au monde… Un pessimisme conjoncturel ? Rappelons que l’impact de.la crise économique sur la France a été somme toute relatif. Un pessimisme structurel ? Peut-être le tropisme français pour le raisonnement conceptuel et l’introspection ont-ils favorisé cette fâcheuse propension au pessimisme ? Ou bien est-ce l’incapacité de la France à peser sur la marche du monde, décevant son ambition universaliste, qui en est à l’origine ? Une chose est sûre : à travers le prisme économique, le pessimisme est un vilain défaut. L’on sait en effet combien la confiance est un vecteur de  réussite dans la vie économique, et l'esprit de conquête d'une PME est avant tout le reflet de l'ambition de son dirigeant.

Aussi, pour ne pas céder à la tentation des « Trente Pleureuses », ces trois décennies de lamentations censées succéder aux « Trente Piteuses » qui s’achèvent, nous devons faire preuve d’optimisme et d’initiatives.

En somme le véritable enjeu, c’est la résilience des PME de 100 à 250 personnes, un vivier de 15.000 entreprises qui emploient déjà 2,5 millions de personnes, soit 15% des emplois du secteur marchand. 

Antoine Henry, directeur général de Sage en France

 

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