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Mis en ligne le 21/03/2011

Défaillance des TPE et PME : les bonnes pratiques des solutions anti faillite


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TPE / PME : une hausse importante des défaillances depuis 2008

Depuis fin 2008, le nombre de PME et de TPE en difficulté est fortement reparti à la hausse (soit 63 000 défaillances en 2010, d’après l’INSEE) et ce, malgré une légère baisse au premier semestre 2010 par rapport à celui de 2009 (soit -2 %). D’après la Coface, les secteurs les plus affectés entre octobre 2009 et octobre 2010, sont les BTP, les services à la personne, les services aux entreprises, la distribution, le textile et l’habillement.

Cependant, les TPE sont les plus touchées par la défaillance : entre 78 et 84 % du total des défaillances, sur la période 2006-2010, concernent des entreprises dont le chiffre d’affaires est inférieur ou égal à 1 million d’euros. En outre, plus ces dernières sont jeunes, plus ce risque est élevé : entre 30 et 32 % du total des défaillances portent sur des TPE créées il y a moins de trois ans.

Le facteur endettement : primordial et intenable

Parmi les nombreux indices de difficulté des TPE/PME, le plus significatif est la situation de leur endettement. En effet, cette dernière apparaît très différente de celle des entreprises saines : des dettes bancaires supérieures à leur capacité de remboursement, des dettes financières plus élevées que les dettes fournisseurs (30% et 16% du passif, contre respectivement 8 % et 11 % pour les entreprises saines) et des dettes sociales et fiscales en hausse (soit 16 % du passif, contre 4 % pour les entreprises saines).

Depuis 2007, on peut aussi constater l’apparition de deux autres symptômes, qui sont le recours croissant aux découverts bancaires (y compris lorsque la conjoncture est favorable) et une insuffisance de fonds propres, souvent dès la création de l’entreprise ; d’où une fragilité croissante des jeunes entreprises.

De nombreuses défaillances dues à une mauvaise gestion et à une visibilité insuffisante

Malgré les années qui passent, les principales raisons de ce constat proviennent toujours des mêmes facteurs. Parmi ceux-ci, on peut noter : une optimisation insuffisante de la gestion de leurs stocks, un recouvrement des impayés inefficace, une absence de négociation des délais de paiement des fournisseurs, une sous-estimation du montant des investissements à réaliser et une sur-estimation de leur degré de rentabilité, des difficultés croissantes dans la recherche de financements bancaires à moyen et long termes, une diversification insuffisante des sources de financement, une gestion de trésorerie irrégulière ou inexistante, pas d’optimisation des charges sociales, fiscales et foncières, une absence de maîtrise de la rentabilité des ventes (ventes à perte ignorées ou sous-estimées)….

Les solutions anti faillite : jongler entre le court et le long terme de l’entreprise

Contrairement aux idées reçues, ce triste constat est loin d’être inévitable. Les 200 PME les mieux gérées de France sont là pour le prouver. Des solutions existent, mais sont souvent peu ou pas connues ou mal maîtrisées. Parmi ces dernières, on distingue deux catégories : les solutions à court terme (ou curatives) et celles à moyen terme (ou préventives).

Les solutions curatives, faire appel au tribunal de commerce pour éviter la cessation de paiement

En cas de difficultés de trésorerie passagères ou récurrentes, les TPE et PME doivent avoir recours à des solutions agissant sur le court et le très court termes, pour éviter la cessation de paiement. L’efficacité de ces solutions curatives dépend donc de la rapidité de décision et du « sang froid » du dirigeant ; car dans ce cas précis, on agit a posteriori.

Une des plus importante est de prévenir le tribunal de commerce compétent avant d’être en cessation de paiement, afin de prouver sa bonne foi et éviter ainsi d’être accusé de faute de gestion. En outre, cela permet de bénéficier de la procédure de sauvegarde, qui est beaucoup moins contraignante et coûteuse que le redressement judiciaire et dont la probabilité de réussite est plus élevée.

Les solutions préventives, structurer le financement de ses investissements et du besoin en fond de roulement

Plus efficaces et efficientes que celles curatives, les solutions préventives portent, pour l’essentiel, sur le financement des investissements et le financement du besoin en fond de roulement (BFR).

En matière d’investissement, il ne faut pas hésiter à diversifier ses sources de financement, afin de mieux répartir les risques de blocage et d’insolvabilité. Car si l’entreprise ne dépend que d’une seule source de financement et qu’elle se fâche avec cette dernière, elle devient « prisonnière » de cette situation de dépendance consentie. D’où son intérêt de ne pas focaliser uniquement sur les prêts bancaires et d’avoir aussi recours à d’autres moyens financiers : prêts à taux zéro (prêt d’honneur), prêts Oséo (à remboursement différé), fonds d’investissement, business angel, micro-crédit, subventions (locale, départementale, régionale, nationale, européenne), crédit d’impôts…

Par ailleurs, en cas d’impossibilité de se porter caution pour garantir un prêt bancaire, les TPE et PME peuvent bénéficier d’une caution bancaire (totale ou partielle) proposée par des organismes, tels que France Active Garantie, la Siagi, la Sofaris, CNP Caution, la Socama, la Socoden…

En ce qui concerne le besoin en fonds de roulement, des sources de financement moins coûteuses que le découvert bancaire existent, mais sont souvent ignorées des TPE et des PME. Parmi les plus courantes, le prêt pour financement du BFR est souvent le moins coûteux (taux d’intérêt entre 5 et 6 % sur 32 mois, contre 15 % en moyenne pour un découvert). De plus, il est plus stable qu’un découvert bancaire négocié (qui peut être unilatéralement arrêté par la banque, avec un préavis d’un ou deux mois) et il peut bénéficier aussi d’une caution bancaire d’organismes comme Oséo.

Maîtriser le tempo de l’entreprise grâce à un accompagnement spécialisé

Pour conclure, il est important de rappeler que le principal obstacle à ces différentes solutions est le facteur « temps ». Celui-ci est souvent la cause d’une insuffisance de gestion de la trésorerie, notamment en matière d’anticipation. D’où l’impossibilité pour les dirigeants de petites entreprises de prendre du recul et de décider en connaissance de cause. Ce processus est en outre aggravé par le fait que ces derniers passent 60 à 70% de leur temps à gérer des problématiques administratives et juridiques, au lieu de le consacrer à la gestion stratégique et opérationnelle de l’entreprise. En conséquence, l’efficacité et l’efficience de ces solutions - quelles soient curatives ou préventives - passent nécessairement par une réorganisation des priorités (gestion du temps) et une amélioration de la productivité horaire des tâches administratives et juridiques, en faisant notamment appel à des prestataires ou des sous-traitants spécialisés, de manière ponctuelle ou régulière (télé-secrétaire, assistant(e) commercial(e), expert-comptable, cabinet juridique, etc.).

Pierre Maurin, dirigeant de Pierre Maurin Conseils et membre de l'Institut Sage

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