« Trouvez le financement qui vous ressemble ! » par Agnès Bricard

agnès bricardLe premier guide opérationnel du financement vient de sortir aux éditions Hachette. Cette approche pédagogique est fondamentale a pour objectif d’encourager et rassurer les entrepreneurs, mais également de les aider à identifier toutes les sources de financement trop peu lisibles. Rencontre.

Institut Sage : pourquoi avoir fait ce guide du routard du financement ?

Agnès Bricard : parce que la question des financements est centrale pour tout entrepreneur, qu’il s’agisse de création, de reprise, de développement ou de croissance externe, tout comme celle des pistes à explorer pour les décrocher. Et c’est là que les choses se compliquent. Et pourtant, après des années de crédit crunch, les sources sont très nombreuses mais peu lisibles donc susceptibles de décourager bon nombre d’entrepreneurs. Et puis si les statistiques de la Banque de France témoignent d’une distribution de crédits en progression, la pratique nous montre tous les jours que les entrepreneurs renoncent avant même d’avoir engagé des démarches. Il était important donc d’identifier toutes les sources existantes et de les traduire de façon pédagogique pour encourager et rassurer les entrepreneurs candidats au financement. Dans ce sens, il s’agit du premier guide opérationnel du financement.

Institut Sage : pouvez-vous nous en dire plus ?

Agnès Bricard : lorsqu’un chef d’entreprise pousse la porte d’une banque, c’est parce qu’il a besoin de financer un projet. Reste qu’avec la numérisation de l’économie et l’accélération des processus, il doit pouvoir anticiper ses besoins à moyen terme pour assurer son développement. Voilà pourquoi il était opportun de dessiner la carte de toutes les sources existantes de financement. Ce guide s’adresse directement aux patrons et leur donne les clés pour trouver le financement qui leur convient en fonction de leur profil, créateur, repreneur ou dirigeant d’une entreprise en développement, et de leurs besoins. Ce guide est d’autant plus indispensable aujourd’hui que dans la situation économique actuelle, avec les contraintes qui pèsent sur les banques, il est important pour le chef d’entreprise de diversifier ses sources de financements et pour cela, de bien les connaître. Ces fiches permettront de crédibiliser les ressources portées dans son business plan.

Institut Sage : que trouve-t-on dans ce guide ?

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Agnès Bricard : vous y trouverez en effet des fiches pratiques, les montants indicatifs que les chefs d’entreprise peuvent obtenir pour chaque mode de financement (dispositifs financiers privés et publics), mais aussi une approche de l’enveloppe globale qu’il peut obtenir par type de profil présentée par la Caisse d’Épargne. Un chapitre aborde le financement de l’entreprise.

Institut Sage : vous avouez dans ce guide que « la case banquier » est inévitable. Comment arrive-t-on à le convaincre aujourd’hui ?

Agnès Bricard : en allant chercher l’appui des réseaux d’entrepreneurs, comme Initiative France ou Réseau Entreprendre, qui sont des garantis pour les banquiers mais aussi des financeurs auprès desquels les PME peuvent décrocher des financements complémentaires, comme les prêts d’honneur, des dotations, des concours de création d’entreprise …. Ces démarches rassurent les établissements financiers.  Et n’oublions que  les banquiers siègent dans ces réseaux d’accompagnement. Finalement ils sont très contents que le plus gros du travail sur la faisabilité du projet ait été faite en amont. Avec un prêt d’honneur en poche, un patron peut obtenir de son banquier jusqu’à sept fois le montant qui sert finalement de référence. C’est ce qu’on appelle l’effet de leviers.

Avec l’assistance d’un expert-comptable qui doit donner son assurance modérée sur les hypothèses de travail qui sous-tendent les prévisionnels, l’entreprise peut également bénéficier du dispositif 25 000 euros (seuil maximum). Il s’agit d’un crédit de trésorerie à moyen terme (5 à 7 ans) avec un taux d’intérêt de 5% à 6% et en faveur des TPE. Elle peut optimiser son dossier de financement grace à des augmentations de capital. Dès lors qu’elle augmente son capital de 40 000 euros au moins, BPI France peut accompagnes l’entreprise avec des prêts participatifs, de 40 000 à 300 000 euros d’une durée de 7 ans sachant que les 2 premières années l’entreprise ne rembourse rien à BPI France.

Institut Sage : BPI France est incontournable aujourd’hui ?

Agnès Bricard : effectivement, si l’entreprise prévoit un développement interne ou externe. La BPI peut financer de 40 000 à 300 000  euros, en fonction du niveau des fonds propres de l’entreprise, à condition d’avoir trois ans d’existence. Parallèlement, il ne faut pas hésiter à solliciter les aides publiques. Elles sont très nombreuses, plus de 5000. Pour les identifier, il existe quatre moteurs de recherche.

1- www.guichet-entreprises.fr

2- les-aides.fr (CCI)

3- www.aides-entreprises.fr  (ISM)

4- www.apce.fr

Ces aides peuvent aller de 5000 à 20 000 euros, et plus. L’idée étant d’additionner tous ces dispositifs financiers tant privés que publics pour atteindre un montant qui peut varier de 75 000 à 425 000 euros pour atteindre la croissance interne. Un des métiers de BPI France est de garantir les prêts bancaires, aujourd’hui, il est plus difficile de financer le développement que la création d’entreprises et la garantie BPI France est un atout important.

 

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