« Nous avons l’Europe que l’on mérite » d’après Arthur de Catheu, co-fondateur de Finexkap

Institut Sage : quelles seraient les conséquences économiques d’un Brexit ?

Arthur de Catheu : la Grande-Bretagne est l’un des principaux clients de l’Union européenne. Elle représente la cinquième armée mondiale. Au delà du signal négatif, le départ de la Grande-Bretagne du Club européen représenterait de ce côté-ci de la Manche, un réel manque à gagner. Même si la contribution financière du Royaume-Uni, à hauteur de 4 milliards d’euros, est la plus faible d’Europe. Parallèlement, son rôle sur la scène mondiale ne pourrait qu’en être affaibli. N’oublions pas que la Grande-Bretagne est un point d’entrée en Europe pour les grandes puissances. Quoiqu’il en soit, sa sortie représenterait un saut dans l’inconnu. Si un tel scénario se réalise, la première étape devrait contraindre les deux parties à négocier cette sortie, comme le prévoit l’article 50 du Traité de Lisbonne. Les discussions doivent aboutir dans les deux ans, sauf prolongation d’un commun accord. De ces discussions dépend largement la suite : la Grande-Bretagne resterait-elle dans l’Espace économique européen (EEA) à l’instar de la Norvège ou l’Islande, et donc partie du marché unique, ou en sortirait-elle? Comme vous le voyez cela fait beaucoup d’interrogations et d’incertitudes.

Institut Sage : le risque de délocalisation des entreprises européennes et françaises est- il réel ?

Arthur de Catheu : oui, notamment des banques. Elles pourraient rapatrier leur siège dans leur pays d’origine ou même ailleurs. Voilà pourquoi, la City est tout vent debout. Le Brexit est en train de pointer les déficiences de l’Union européenne. Nous ne pouvons pas tous partager la même table, chacun tire la couverture de son côté. Aujourd’hui, nous avons la preuve que l’Union européenne a non seulement échoué en matière de politique étrangère commune mais aussi que ce qu’elle a érigé, d’un point de vue économique, est bien trop loin des préoccupations du citoyen européen. Pourtant, elle est un puissant bouclier anti-guerre.

Institut Sage : en cas de Brexit, le risque de contagion est-il réel ?

Arthur de Catheu : la Pologne serait, sans doute, le deuxième pays sur la liste. C’est évident, la Grande-Bretagne commence à faire naître des tendances souverainistes. C’est dangereux.  

Institut Sage : quelles seraient les conséquences sur la livre ?

Arthur de Catheu : déjà la devise recule. Et la chute peut-être encore plus brutale. Pour certaines industries qui se fournissent outre-Atlantique, dans le secteur du high-tech par exemple, un tel décrochage peut être dévastateur. Si la Grande-Bretagne quitte le navire, son départ marquerait un véritable retour en arrière, notamment pour un pays qui se revendique première place financière et technologique de l’Europe.

Institut Sage : quelles seraient les conséquences pour les PME ?

Arthur de Catheu : le marché britannique serait plus difficile à pénétrer. Car il deviendrait plus compliqué de tisser des partenariats financiers. Concrètement, aujourd’hui, les entreprises en Angleterre se posent la question de la TVA, mais également de la conformité des échanges si la Grande-Bretagne claque la porte du club des vingt-huit. Les incertitudes commencent à peine à planer. 

 

 

 

 

 

 

 

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