Areeba Rehman, Fretbay : il ne suffit pas d’une bonne idée pour se lancer : il faut que le business plan soit solide

Fretbay - CopieInstitut Sage : Vous aviez tout juste 28 ans lorsque vous avez eu l’idée de créer Fretbay, il y a sept ans de cela. Sur quelle impulsion ?

Areeba Rehman : Je suis partie d’un concept simple : le quart des camions de transport roule à vide en France et la moitié n’est qu’à demi rempli. De l’autre, des coûts de déménagement exorbitants pour les particuliers et un boom des achats sur internet qui demandent à être acheminés.

La plateforme met donc en relation des particuliers et des professionnels du transport. Les premiers postent des annonces auxquelles répondent les seconds en leur formulant une proposition tarifaire. Les internautes choisissent ensuite l’offre la plus attractive. Grâce au système de groupage des acheminements, la plateforme permet de réaliser des économies considérables, jusqu’à 75% de moins que le prix du marché sur certaines courses. Nous sommes devenus ainsi la première plateforme européenne de transport mutualisé.

Institut Sage : Depuis  que le prix jeune entrepreneuse de l’année vous a été décerné en 2013, comment se porte Fretbay ?

Areeba Rehman : Bien. L’entreprise a effectué sa première levée de fonds fin mai 2013 auprès de Starquest. Grâce à cette augmentation de capital, nous avons étoffé nos équipes, réalisé des investissements en marketing, procédé au développement de nouvelles fonctionnalités sur la plateforme et sorti une application Iphone. Nous avons également lancé un service BtoB. Puis nous nous sommes installés à Paris dans le XIIème arrondissement pour pouvoir attirer les talents. La plateforme compte, aujourd’hui, 30 salariés et 8 000 transporteurs référencés partenaires. Quant à notre business model, il s’appuie sur une commission que nous prélevons auprès du transporteur lors de chaque mise en relation effectuée.

Institut Sage : Aujourd’hui le marché compte d’autres acteurs. Quelle est la force de Fretbay ?

LOGO_FretBayAreeba Rehman : Notre force est de proposer un service 360° avec des solutions de qualité pour un tarif très concurrentiel. Aujourd’hui, FretBay répond aux besoins des particuliers mais aussi des professionnels sur le transport d’articles volumineux et les déménagements. Et nous venons de lancer MyBoxMan, une application qui est le Blablacar de la livraison entre particuliers ! L’autre force de Fretbay est bien évidemment notre capital humain. L’adhésion à notre projet est impérative, tout comme la confiance respective. Le rôle du chef d’entreprise est de déléguer, ce qui responsabilise et entretient ce climat où chacun est en mesure de s’épanouir sans frustration aucune. C’est sur ce modèle de management que nous avons convaincu notre investisseur.

Institut Sage : Qu’avez-vous apporté au marché ?

Areeba Rehman : En numérisant le marché du transport et du déménagement, nous avons réussi à simplifier et fluidifier le process. Nous avons également cassé les codes : ce secteur est très masculin, et très pollueur. Or, une femme est à la tête de Fretbay, et nous avons économisé 800 000 tonnes de CO² depuis 2008  !

Institut Sage : Quel regard portez-vous sur l’ubérisation des secteurs ?

Areeba Rehman : L’ubérisation rime avec économie collaborative. Ce modèle s’est imposé parce qu’il répond à un besoin des consommateurs, tout simplement parce que cette nouvelle forme d’économie soutient le pouvoir d’achat des Français. Le phénomène est lancé. On ne peut plus revenir en arrière.

Institut Sage : Quels sont vos objectifs pour 2016 ?

Areeba Rehman : Depuis 2008, nous enregistrons, tous les ans, une croissance à deux chiffres. Nous souhaitons devenir une référence à 360 ° puisque nous venons de lancer Myboxman, une application mobile de livraison collaborative. Un nouveau concept qui révolutionne la livraison. D’un côté icon-imagele livreur : qu’il se déplace à pied, à vélo, en moto, en voiture ou en camion, il peut rentabiliser ses trajets en devenant boxman. De l’autre l’expéditeur : pour expédier un coli ou le retirer, pour envoyer un bouquet de fleurs, déplacer une machine à laver, livrer des clients ou toute autre expédition, la course lui coûtera moins cher. L’idée étant de répondre au problème du dernier kilomètre. Nos clients l’ont largement plébiscité, avec un taux de satisfaction qui dépasse 95% !

Institut Sage : Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui veulent passer le pas de la création d’entreprise ?

Areeba Rehman : Je leur conseillerais de bien observer leur marché, d’identifier ce que font les autres et de faire l’inverse ; c’est un moyen de se différencier et donc de se faire repérer. Enfin, que l’entreprise doit être viable, et qu’il ne suffit pas d’une bonne idée pour se lancer : il faut que le business plan soit solide.

 

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