La clinique Pasteur à Toulouse lance le Hi-Lab, un incubateur dédié à l’innovation médicale

Pr PAtul athak, Hi-LabInstitut Sage : Professeur de cardiologie Atul Pathak, vous êtes Directeur du Hi-Lab, la clinique Pasteur, à Toulouse dont le rôle est de valider l’intérêt médical des projets. Pourquoi avoir créé un incubateur de startups dans un établissement de santé ?

Atul Pathak : L’innovation est dans les gènes de notre établissement. Il a créé le dossier patient informatisé, il y a environ dix ans. Depuis, nous n’avons pas cessé d’innover dans le médical et le numérique, via les startups que nous avons créées. Mais les concrétisations de projets ont été bien moins nombreuses que le foisonnement de bonnes idées qui circulent dans cet établissement. C’est pourquoi, nous avons décidé de nous structurer en créant Hi-Lab. Grâce à ce guichet unique, nous pourrons, en étant acteur, ajuster finement l’innovation aux besoins des patients et des utilisateurs. Plus concrètement, nous souhaitons soutenir l’émergence et le développement d’applications et d’innovations médicales au service du patient. Des projets qui permettent de réunir des industriels, des grandes écoles et des laboratoires.

Institut Sage : Quel budget, la clinique toulousaine consacre-t-elle à l’innovation ?

Atul Pathak : La clinique consacre entre 2,5 et 3,5 millions d’euros par an, en fonds propres, à la recherche et l’innovation. Actuellement, nous menons de front une demi-douzaine de projets concrets. Grâce au Hi-Lab, nous espérons gagner en visibilité et être identifiés pour attirer des fonds parmi les gros investisseurs médicaux.

Institut Sage : Vous souhaitez favoriser l’émergence de startups de santé : comment concrètement le Hi-Lab va-t-il fonctionner ?

Atul Pathak : Aujourd’hui, notre schéma de fonctionnement est multiple. Premier cas de figure : nous identifions un besoin, et, pour y répondre, nous créons une start-up dédiée. Dans ce cas, l’innovation émane de chez nous et nous la finançons. Dans le deuxième cas de figure, nous finançons des projets d’innovation santé qui proviennent de l’extérieur. Enfin, nous pouvons également nous positionner comme des accélérateurs de projets. Non seulement nous activons notre fond d’investissement, mais nous participons activement au projet innovant.

Institut Sage : Comment cet écosystème intégrant industrie, grandes écoles et laboratoires va-t-il s’organiser ?

Atul Pathak : Nous avons constitué un noyau-dur de quatre personnes capables de répondre aux enjeux techniques, médicaux et financiers. Nous évaluons les projets en fonction d’une grille de lecture simple. Grâce à l’accélérateur, la clinique offre un terrain propice à l’expérimentation des innovations médicales, des bureaux dédiés et une équipe structurée. L’ambition étant, encore une fois, d’attirer plus de projets et de gagner en attractivité auprès des investisseurs. L’initiative a été encouragée par la French Tech Toulouse et deux premières conventions viennent d’être signées avec l’Ecole Polytechnique et avec l’Institut national de recherche dédié au numérique (Inria). De quoi amplifier notre démarche d’innovation.

Institut Sage : Sur quels projets travaillez-vous ?

Atul Pathak : Nous avons développé trois axes. Le premier porte sur la médecine numérique. Notre objectif vise à développer cette médecine avec une véritable vision du patient. Nous travaillons sur des solutions qui suivront les patients tout au long de leur vie, mais également les membres de leur famille, avec l’idée de les coacher voire de les éduquer. Le projet est amitieux car il va au delà des simples applications. Nous le démarrerons dans quelques semaines. Le deuxième axe porte sur la Data. Nous générons des quantités de données. Notre objectif est de les modéliser avec l’aide de polytechnique, pour constituer des typologies de patients par exemple. Récemment, nous avons décroché 400 000 euros de financement auprès de la sécurité nucléaire pour suivre des femmes atteintes du cancer du sein. Enfin notre dernier axe est la personnalisation du traitement, en rendant le soin plus participatif.

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