Daniel Corfmat, ADAE : une bonne gouvernance limite l’exposition aux risques

Daniel CorfmatCréée en 1996, l’ADAE est la première association française de réflexion sur la gouvernance des PME. L’Institut Sage a rencontré Daniel Corfmat, Président du think tank. Il nous explique pourquoi la présence d’un ou de plusieurs administrateurs dits indépendants est un atout majeur pour l’entreprise, quelle que soit sa taille, pour sécuriser sa croissance et sa pérennité dans ces temps chahutés et incertains.

Institut Sage : Daniel Corfmat, vous êtes Président du think tank ADAE, (Association des Dirigeants et Administrateurs d’Entreprise). Pouvez-vous nous présenter votre association ?

Daniel Corfmat : L’ADAE est un think tank consacré à la gouvernance des entreprises françaises. Nous diffusons des recommandations de bonnes pratiques auprès des entreprises cotées et non cotées, familiales ou ouvertes aux investisseurs en capital, autonomes ou filiales de groupe. L’association considère que la bonne gouvernance concerne toutes les entreprises. Certes, les textes législatifs existent, mais ils sont difficilement accessibles aux ETI, PME et TPE. D’où la nécessité de les former et de les soutenir. Au-delà des textes, nous pensons que dans le cadre du développement d’une bonne gouvernance au sein des PME, la présence d’un administrateur indépendant au conseil d’administration devient un atout majeur pour la croissance et la pérennité de l’entreprise. Plus concrètement, le rôle de l’association vise à identifier, diffuser et à sensibiliser les patrons, mais également les cadres et les administrateurs aux bonnes pratiques de gouvernance.

Institut Sage : Quelles sont vos missions ?

Daniel Corfmat : Elles sont multiples et s’articulent autour de plusieurs axes. Le premier est de sensibiliser le monde économique et les PME à la bonne gouvernance. Pour les informer, nous organisons des conférences, des petits déjeuners… Nous débattons autour de thèmes comme l’éthique des affaires, la parité… Notre deuxième mission porte sur la formation des cadres et des patrons à la gouvernance. Organisme formateur depuis 2000, nous avons créé la première formation certifiante française pour les Administrateurs d’entreprise en 2008. Enfin, nous développons deux à trois thèmes de réflexion par an. Les groupes ainsi constitués apportent des idées et des solutions simples, concrètes et opérationnelles pour nos entreprises : ce sont des pairs qui parlent à leurs pairs. Lorsque ces recommandations sont abouties, nous éditons nos travaux. Notre rôle consiste à favoriser la diffusion des meilleures pratiques auprès des pouvoirs publics et du monde des affaires.

Institut Sage : En quoi votre action se différencie-t-elle d’autres groupes de réflexion ?

logo-adaeDaniel Corfmat : L’ADAE est la première association à s’intéresser à la nécessaire attention que chacun dans l’entreprise, qu’il soit dirigeant, actionnaire, administrateur ou cadre fonctionnel, doit porter à la bonne gouvernance, quelle que soit la taille de l’entreprise et sa forme juridique. Une entreprise qui n’a pas d’autres choix que de se concentrer sur l’opérationnel, risque à tout moment de dériver. Nos études sont parlantes : les PME qui mettent la clé sous la porte sont dans une très grande majorité victimes d’un manque de gouvernance. L’une des autres qualités fondamentales de cette association est de mettre en avant l’expérience opérationnelle de ses membres. En effet, l’ADAE se compose uniquement de praticiens de l’entreprise, présidents, dirigeants, administrateurs… Les 250 membres possèdent tous une parfaite connaissance de l’entreprise, de son fonctionnement. Ils sont par conséquent capables d’apporter une véritable valeur ajoutée.

Institut Sage : Pourquoi avoir créé cette formation certifiante ?

Daniel Corfmat : C’est une garantie supplémentaire. Cette formation n’est pas obligatoire, mais n’oublions pas que lorsqu’on est administrateur, on engage sa responsabilité sociale et pénale. Aussi, l’administrateur doit connaître précisément son rôle et sa limite pour apporter une vraie plus-value à l’entreprise et à ses dirigeants. Ainsi, l’administrateur savère plus rassuré comme le dirigeant.

Institut Sage : Comment définiriez-vous une bonne gouvernance ?

Daniel Corfmat : Une bonne gouvernance couvre une série de bons réflexes permettant à l’entreprise une meilleure compétitivité et une plus grande pérennité. Partie d’une démarche globale de bonnes pratiques, une certaine éthique est nécessaire avec l’ensemble de son écosystème. Elle permet aussi de mieux anticiper, de limiter les erreurs d’appréciation ou des dérives. Ainsi, une bonne gouvernance limite-t-elle l’exposition aux risques de l’entreprise, donc sécurise mieux son développement.

 

 

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