Pour survivre, l’entreprise devra être connectée, intelligente et agile selon Denis Jacquet, Parrainer la Croissance

Denis Jacquet

Denis Jacquet

Institut Sage : Danis Jacquet, vous êtes entrepreneur et président de l’association Parrainer la Croissance. Lors de votre dernière interview à l’Institut Sage, vous insistiez sur l’importance de l’entrepreneur comme créateur de lien social. Aujourd’hui, avec l’explosion des nouvelles technologies, quel est, pour vous, l’impact du numérique sur les entreprises françaises ?

Denis Jacquet : Le numérique, n’est plus négociable. C’est la condition de survie des entreprises. Surtout les grandes. Celles qui, aujourd’hui, se posent encore la question du passage de leur société à l’ère numérique, risquent très vite de ne plus se la poser. Elles ont, en effet, peu de chances d’y survivre, particulièrement les grands groupes. Pour survivre, l’entreprise doit être connectée, intelligente et transversale via une prise de décision avertie grâce aux Big Data, agile pour une efficacité opérationnelle et sociale en améliorant l’image de marque et la collaboration interne au travers de l’exploitation des médias sociaux. Et surtout, l’entreprise doit reconquérir la confiance chez les internautes qui sont les citoyens.

Institut Sage : Quels sont, selon vous, les secteurs les plus exposés ?

Denis Jacquet : Ceux qui sont en retard, notamment le secteur du luxe. Je pense qu’en dépit des apparences, les banques et les assurances aussi. Elles ont certes, engagé des actions, mis en place des plateformes, des applications… mais mettre des services en ligne n’est pas le seul changement qu’apporte le digital. C’est un changement sociétal. Un rejet de l’existant. Mais, heureusement, des secteurs traditionnels résisteront. Nous continuerons à acheter notre baguette à la boulangerie et à sillonner les magasins, à toucher et à essayer, même si les Français achètent de plus en plus sur la toile. L’avenir est au complément des canaux.

Grégoire Leclercq

Grégoire Leclercq

Denis Jacquet : Pour comprendre ce nouveau phénomène, les entrepreneurs ont décidé de créer l’Observatoire de l’Ubérisation, composé d’intellectuels, de politiques, de syndicalistes, d’hommes et femmes du numérique, d’entrepreneurs, d’anthropologues etc… Un comité ouvert et équilibré qui a pour vocation d’observer, d’analyser et enfin de proposer. Une offre pour la société toute entière, une réflexion pour rendre inclusive, cette vague numérique. Mais le terme Ubérisation est bien trop restrictif pour qualifier la révolution que les économies occidentales sont en train de vivre. Le numérique apporte des transformations fondamentales, entraîne des bouleversements des usages, au point de changer le fonctionnement de notre société. Le numérique n’est pas qu’un phénomène technologique, mais bien sociétal. Le consommateur recherche aussi un service plus rapide, plus ergonomique, plus transparent. Le sens perçu pèse énormément dans le choix de tel ou tel prestataire. De plus, le taux d’effort, à savoir la difficulté du client à contacter son fournisseur, et la recommandation et les notes des autres clients jouent désormais autant que le service en tant que tel. Dans ce contexte, les start-up innovantes s’avèrent les plus agiles.

Institut Sage : Vous réfléchissez à des mesures concrètes ?

Denis Jacquet : En effet. Les propositions que nous présenterons lors des assises en avril prochain, devraient permettre de répondre aux questions que nous nous posons : Comment construire une société plus inclusive ? Comment réintégrer les laissés pour comptes ? Comment relever les enjeux de demain ? Pour y parvenir, il s’agit d’observer, d’analyser et de proposer. L’observatoire est animé par un comité de pilotage constitué d’acteurs concernés par ce phénomène sociétal qui s’annonce comme « le tournant du siècle » selon les analystes. L’idée est de rassembler économistes, décideurs, entrepreneurs, grandes entreprises, politiques, syndicaux pour les faire débattre de la révolution numérique, sociale et économique que notre logo-uberisation-petit_0pays est en train de vivre. Les grands thèmes qui seront abordés : le financement du système social  pour réinventer notre modèle social en tenant compte de l’évolution des cotisations. D’autres sujets seront mis sur la table : la refonte du dialogue social pour reconstruire les bases d’un dialogue social avec ces nouveaux intermédiaires, l’aménagement des règles fiscales en vue de revoir le fonctionnement des règles fiscales pour les adapter à ces nouvelles activités. Enfin, nous aborderons la réforme du code du travail afin de revoir notre droit du travail en élargissant les possibilités de collaboration sans risque de requalification et l’évolution des modèles économiques pour aider les entreprises et les branches à réfléchir à la transition depuis les modèles passés vers des systèmes plus collaboratifs.

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