Graine de Pastel : la colonne vertébrale d’une PME reste l’accès au financement

Carole Garcia, Graine de Pastel
Carole Garcia, Graine de Pastel

Institut Sage : Carole Garcia, vous avez fondé, en 2003 à Toulouse, avec Nathalie Juin Graine de Pastel, une PME de cosmétique. Quelle est son histoire ?

Carole Garcia : Son histoire est fortement liée à la plante pastel, véritable patrimoine du triangle d’or du midi toulousain. C’est ici, entre Toulouse, Albi et Carcassonne que cette plante s’est épanouie depuis la renaissance. Dans les années 1990, alors qu’une coopérative agricole locale relance sa culture alors abandonnée, les chercheurs de l’École Nationale Supérieure de Chimie de Toulouse, découvrent que la graine de pastel renferme 30% d’une huile particulièrement riche en acides gras essentiels polyinsaturés, les fameux Oméga 3, 6 et 9, aux propriétés démontrées sur l’amélioration de la structure de l’épiderme. À cette époque, Nathalie Juin et moi travaillions pour l’industrie pharmaceutique et suivions cette incroyable découverte de près. Ensuite, au début des années 2000, nous avons décidé de nous lancer. En 2003, nous cofondons la marque de cosmétiques Graine de Pastel exclusivement consacrée à l’huile de pastel, obtenue par pression à froid des graines. Nous poursuivons dès lors la recherche fondamentale sur la plante, notamment avec l’Institut Polytechnique de Toulouse pour démontrer ses bienfaits.

Institut Sage : Concrètement, comment s’est traduite cette alliance ?

Carole Garcia : Notamment par la mise sur le marché d’une ligne visage anti-âge en 2013, qui a nécessité trois années de développement, et a abouti à un dépôt de brevet à l’Inpi qui couvre l’extraction des protéines de pastel et leur action anti-âge. Misant sur une démarche de développement durable, avec une attention particulière à la production locale, aux formules écologiques ou biologiques, la société commercialise aujourd’hui une cinquantaine de produits sous la marque Graine de Pastel.

Institut Sage : Quelles ont été vos difficultés ?

Carole Garcia : La plus grande difficulté du départ reste évidemment le financement, car nous n’avions que 10 000 euros en trésorerie. Notre chance est d’avoir croisé le Réseau Entreprendre. Nous avons été accompagnées par un chef d’entreprise durant une année. Lors de l’amorçage d’un projet, le soutien est essentiel. Parallèlement, un prêt d’honneur de 25 000 euros nous a été accordé. La Chambre de Commerce et d’Industrie de Toulouse, mais aussi le Groupe Total qui a créé un fonds de soutien aux start-up, nous ont également soutenues financièrement.

logo Graine de PastelInstitut Sage : Depuis la création de Graine de Pastel, douze années se sont écoulées. Peut-on parler de succès ?

Carole Garcia : Nous restons en éveil, car rien n’est acquis, tout se construit marche par marche. Il faut maintenir une vision à 360°. Tout est important : la relation avec nos clients, nos fournisseurs, nos salariés et nos financiers. La chance que nous avons est d’être à deux. Nos forces sont dédoublées.

Institut Sage : Vous avez décidé en 2014 de passer à la vitesse supérieure : vous avez levé des fonds, via des business angels. Quels sont vos objectifs aujourd’hui ?

Carole Garcia : Nous souhaitons investir dans l’innovation, de façon à pouvoir doubler notre portefeuille produits dans les trois prochaines années avec un objectif fixé à cinquante références, en étoffant notamment nos gammes de soin du visage. Notre ambition vise à développer également notre réseau physique en France. Nous avons actuellement cinq boutiques en propre, et nous sommes sur le point d’accueillir des franchisés à un rythme de sept ouvertures de boutiques par an. Le ticket d’entrée est de 80 000 euros, auxquels s’ajoute un droit au bail de 100 000 euros. Nous tablons sur un chiffre d’affaires annuel de 200 000 euros par entité.  Notre troisième axe de développement est l’international avec la création d’une véritable équipe dédiée. Nous visons surtout les marchés asiatiques et américains, ainsi que ceux du Moyen-Orient. L’international fait clairement partie de nos relais de croissance. Nous souhaitons réaliser la moitié de notre chiffre d’affaires à l’export en 2018, contre moins du quart aujourd’hui. Enfin, nous venons tout juste d’ouvrir un spa dans un palace toulousain, La Cours des Consuls Palace. Un autre grand défi.

Institut Sage : Comment caractérisez-vous votre marque ?

Carole Garcia : Elle est unique et nous sommes les seuls à développer cette expertise cosmétique sur « notre » plante, le pastel. C’est ce qui fait notre force. Notre démarche est écologique, avec des cahiers des charges de formulation très stricts, et 100% de la fabrication est réalisée en France. Une sérieuse force à l’international !

Institut Sage : Quels conseils donneriez-vous aux jeunes pousses ?

Carole Garcia : S’entourer, c’est essentiel. Aujourd’hui je suis marraine de plusieurs projets, une façon de rendre ce que j’ai reçu !

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