Entrepreneurs disruptifs : nouveaux profils, mêmes objectifs business, selon André Brunetière, Sage

André Brunetière, Sage

André Brunetière, Sage

Dans vingt ans, tout sera différent dans entrepreneuriat, explique André Brunetière, EVP Global Product Delivery Sage X3. Les entrepreneurs de demain travailleront à leur manière, libérés du carcan des méthodes traditionnelles. Pour atteindre leurs objectifs, ils auront besoin d’outils en adéquation avec leur approche centrée sur la valeur et la collaboration. Entretien avec André Brunetière sur la disruption et ses acteurs.

Institut Sage : Quel est le facteur déterminant qui redéfinit l’entrepreneur du futur ?

André Brunetière : J’ai une fille de vingt ans, donc je ne peux pas m’empêcher de réfléchir au futur qui l’attend et comment elle contribue à le façonner. Vendredi dernier, je lui demandais ce qu’elle avait prévu de faire samedi soir. Elle n’en avait aucune idée. Et elle n’en savait toujours pas plus lorsque je lui ai posé la même question samedi après-midi. Tout simplement parce qu’elle n’avait pas besoin de le savoir à ce moment-là. Pour ses amis et elle – la génération Z – la communication est instantanée et éphémère. Des conversations rapides sur WhatsApp, des informations en temps réel sur Instagram et Twitter, un check-in sur Facebook, des échanges fugaces via Snapchat, une micro-vidéo sur Vine – cette génération utilise au quotidien un vaste Social-Media-in-Business-Social-Media-Applications-Guide1champ de médias sociaux de plus en plus fonctionnels qui leur permet d’échanger et de consommer l’information en temps réel et à la vitesse de l’éclair. Si à l’heure actuelle ce phénomène se traduit seulement par l’organisation à la dernière minute des sorties du week-end, dans vingt ans il aura transformé de façon méconnaissable l’univers de entrepreneuriat. La génération Z – ces natifs digitaux qui considèrent qu’une interaction se fait à la vitesse de la pensée – fera tout différemment des générations qui l’ont précédée, et de manière disruptive. La clé sera de se maintenir à leur niveau.

Institut Sage : A quoi ressemblera selon vous entrepreneuriat en 2035 ?

André Brunetière : Les entrepreneurs de demain ne seront pas comme leurs prédécesseurs. Ils ne seront pas intéressés par les entreprises avec des actionnaires et des injections de capital. Ils n’auront tout simplement pas envie d’être des chefs d’entreprise, ou tout du moins pas comme on l’entend aujourd’hui. Cette génération ne sera également pas encline à travailler pour l’un d’entre eux. Ils seront en premier lieu entrepreneurs d’eux-mêmes. Ils privilégieront un travail collaboratif tout en restant indépendants, libres de contribuer à une variété de projets correspondants à leurs envies et leurs compétences. Ces contributeurs participeront à des opérations court terme et ponctuelles, s’appuyant sur leurs réseaux pour trouver des opportunités et développer avec leurs partenaires des offres fructueuses.

Institut Sage : Quels seront les impacts de la technologie disruptive sur la consommation ?

André Brunetière : La production de la plupart des objets du quotidien va considérablement évoluer. Les coûts de l’énergie et des transports exerceront certainement une influence, ainsi que l’émergence du désir des consommateurs pour des produits éthiques, locaux, et durables. Certains produits vedettes continueront à être fabriqués en masse, mais la customisation dépassera les modèles traditionnels de production. Les consommateurs diront « je veux votre produit, mais modelé selon mon envie ». Les entrepreneurs travaillant sur une petite échelle de production, proche du client, seront à même d’offrir cette customisation. La production deviendra donc décentralisée, plus petite et locale.

Institut Sage : Quels seront les outils nécessaires au travail de la génération des natifs digital ?

objets-connectesAndré Brunetière : Si l’accès à l’information s’ouvre de façon illimitée, « l’infobésité » entraîne une difficulté : déterminer la validité de l’information. L’éducation devra donc s’adapter et se concentrer sur la formation à l’évaluation. Des outils apparaîtront autour de ce besoin de discerner le vrai du faux. Dans ce contexte, l’intelligence artificielle (Big Data) jouera certainement un rôle central.

Institut Sage : Quels types d’interfaces accompagneront ces nouveaux besoins ?

André Brunetière : Pour lors, chacun s’est habitué à ce qu’on appelle une « App », pour application mobile, où un simple toucher du doigt sur l’icône déclenche instantanément une action. Demain l’App, packagée telle qu’elle est aujourd’hui, est vouée à disparaître pour laisser place à des interfaces utilisateurs encore plus naturelles. L’innovation de ces interfaces se manifeste déjà sous la forme de reconnaissance vocale ou gestuelle. De plus en plus, la façon naturelle de parler et de bouger pourra être interprétée comme autant d’instructions univoques auprès d’un objet digital et de l’intelligence artificielle à laquelle il sera connecté. La réalité virtuelle, en 3D, se développera au point de devenir un outil de travail faisant disparaître toutes les contraintes d’éloignement. Ces interfaces plus organiques contribueront à accélérer le phénomène de travail par la collaboration participative, en ouvrant de nouvelles voies à l’association des talents et compétences individuelles.

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