La PME de cosmétiques Benta Berry passe à la vitesse supérieure

Marie-Pierre Schmitz, Benta Berry

Marie-Pierre Schmitz, Benta Berry

« Benta Berry est l’histoire d’un concept nouveau venu trouver sa place dans le vaste monde de la cosmétique et de la beauté. Une marque à vocation digitale, multiculturelle, scientifique au label universitaire, aux actifs naturels. La première marque française de cosmétiques naturels dédiée exclusivement aux peaux jeunes des cinq continents », expliquait Marie-Pierre Schmitz à l’Institut Sage en mars 2013. Aujourd’hui, la fondatrice de la marque a accepté de faire le point sur ces quatre années d’activité. Interview.

Institut Sage : Marie-Pierre Schmitz, vous avez fondé la PME de cosmétique Benta Berry. Quatre ans après sa création, le pari d’une gamme de produits cosmétiques pour peau jeune comprenant une gamme fille et une gamme garçon, est-il gagné ?

Marie-Pierre Schmitz : Le pari est gagné de créer une marque décomplexée, au discours humble parce que la Beauté est un geste simple : prévention et hydratation sont les mots clefs d’une belle peau. Pari gagné aussi d’avoir développé une gamme cohérente de produits naturels qui répondent aux besoins des peaux jeunes, femmes et hommes de tous continents. Le marché existe. Nous sommes parvenus à trouver notre audience auprès notamment des hommes jeunes soucieux de leur bien-être. Avoir une belle peau signifie être bien avec soi et les autres, une revendication universelle assumée par les hommes d’aujourd’hui. Au-delà de ces premières étapes franchies, il reste celle du numérique. Benta Berry ambitionne d’être une marque communautaire, fun et cool, incarnée par ses clients, vecteurs de son aura, sa crédibilité, son audience et promoteurs de l’image comme des produits. Portée par ses clients devenus ambassadeurs, Benta Berry a vocation à se développer sur un modèle affinitaire et collaboratif, le collectif créant de la valeur. Je pourrais parler de véritable succès lorsque Benta Berry se sera imposée en marque numérique, une marque dont les clients se sentiront propriétaires, dont ils dessineront les produits, les tendances, le modèle selon leurs besoins, leurs goûts. Mais, il faut patienter encore quelques mois, le temps de lancer notre nouvelle plateforme web très différente de notre premier site internet. Cette plateforme vise à agréger notre propre communauté, fusion de diverses tribus d’intérêts réunies et engagées autour de valeurs communes. Les membres de notre communauté seront gratifiés pour le trafic qu’ils généreront en communiquant sur Benta Berry. Notre ambition est de créer un nouveau mode de consommation et de distribution, en initiant un marché décomplexé et naturel. Plus concrètement, notre pari est de faire du réseau physique, un vecteur d’image de la marque, et du numérique, notre modèle économique grâce auquel nous pourrons engranger du chiffre d’affaires et de la rentabilité. Ce modèle sera accéléré par le lancement du projet ENGAGE qui a pour mission de faire naître des ambitions en aidant des projets portés par des jeunes à se réaliser.

Institut Sage : Avec du recul, quel a été votre plus grand obstacle ?

Benta BerryMarie-Pierre Schmitz : Quel que soit le produit, il est difficile d’exister dans un marché mûr lorsque l’on est une marque naissante. Le discours ambiant porte sur la consommation de produits naturels comme sur le made in France. Pourtant, il existe une réelle déconnexion entre ce que le réseau distributeur en matière de cosmétiques offre, et ce que le consommateur demande au moment de passer à l’acte. Nous offrons des produits développés au sein d’une unité INSERM de l’Université Paris Descartes, des produits testés par des laboratoires indépendants, organiques et éthiques, 100% faits en France. C’est l’ADN de la marque, et pourtant, la plus grande difficulté reste de convaincre les réseaux de distribution français.

Institut Sage : Pourquoi avoir choisi le numérique dans ce contexte ?

Marie-Pierre Schmitz : D’abord, parce que nous sommes convaincus que notre modèle économique sera plus performant sur la toile, en dehors des réseaux de distribution traditionnels. Ensuite, parce que nous avons fait le choix de faire de Benta Berry une marque communautaire. En d’autres termes, nous avons choisi d’investir sur nos clients puisqu’ils sont appelés à devenir les vecteurs de la marque. Nous aspirons à ce qu’ils deviennent actionnaires de Benta Berry pour nous aider à créer des produits qui leur ressemblent. La convergence vers le numérique est inéluctable, seule inconnue : la date… Ajoutons qu’Internet favorise un achat décomplexé, un rapport plus naturel à soi-même.

Institut Sage : Alors comment convaincre votre public ?

Marie-Pierre Schmitz : Nous convaincrons notre public en l’associant étroitement à nos développements. Notre modèle est de les convaincre moins par le produit, même si nous mesurons l’importance d’en communiquer les bienfaits et bénéfices, que par l’adhésion à une communauté de valeurs. En achetant Benta Berry, nos clients achètent une chaine de valeurs, dont ils permettent l’émancipation par leur soutien : diversité, ingrédients naturels, recherche universitaire, fabrication française, traçabilité, écoconception, entreprises humanistes. Un acte d’achat s’apparente à un acte engageant. Il déclenche une chaine de valeurs dont on n’a pas forcément conscience et qui peut, parfois et malgré nous, être contraire à nos aspirations.

Institut Sage : Vous vous êtes également implantée à l’international.

Marie-Pierre Schmitz : Avec l’innovation, l’international est notre autre axe de développement. L’Asie est  notre premier marché. La population est jeune et les Asiatiques prennent soin de leur peau, contraints souvent par la pollution. Notre autre marché est les Etats-Unis. Ce qui fait notre force à l’international, est la validation scientifique de nos produits, la qualité de l’innovation et l’incontournable made in France. Quant au marché européen, il est beaucoup plus compliqué à conquérir : 23 pays, 23 réglementations et 23 langues. Le marché unique est finalement un leurre, il dresse une barrière financièrement défavorable.

Institut Sage : Quels conseils donneriez-vous aux jeunes pousses ?

Marie-Pierre Schmitz : Osez, sans écouter personne, et quelle que soit votre idée. L’entrepreneuriat est une merveilleuse aventure parfois un peu douloureuse mais elle reste un modèle d’énergie, c’est ce dont le monde a besoin, l’énergie !

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