Ronan Pelloux, Creads : le numérique est une solution efficace pour recruter des jeunes

Ronan Pelloux, Creads

Ronan Pelloux, Creads

Institut Sage : Ronan Pelloux, vous êtes co-fondateur de Creads, une plateforme de design participatif, et membre de la délégation française pour le sommet du G20 YEA d’Istanbul, composée de 25 entreprises, des ETI aux PME en passant par les start-up. Pour la troisième année vous avez représenté la France au G20 YEA (Young Entrepreneur Alliance). Quel est son rôle ?

Ronan Pelloux : Lors de ma participation au G20 YEA à Sydney l’an passé, j’ai pris conscience que depuis la crise majeure de 2008, il est du devoir des entrepreneurs d’aider les gouvernements à prendre les bonnes décisions pour l’avenir de notre économie. Alors que le gouvernement mettait en place en pleine crise financière, des mesures anti-entrepreneuriales, comme la taxation du capital à plus de 70%, il était urgent, nous entrepreneurs, d’agir. La France a besoin d’entrepreneurs.

Institut Sage : Quel a été le thème fort cette année à Istanbul ?

Ronan Pelloux : La culture entrepreneuriale, et ce dès le plus jeune âge. L’objectif étant de la développer, dès le lycée, à travers des initiatives qui impliquent la prise de risques. L’idée serait de faire travailler les jeunes en mode collaboratif, via des ateliers sur des projets bien identifiés. Je suis convaincu qu’avec la création d’entreprise la France pourra inverser la courbe du chômage. Et les nouvelles technologies favorisent l’entrepreneuriat. Heureusement, les mentalités changent. Dans les grandes écoles de commerce et d’ingénieurs, les initiatives se multiplient au travers d’incubateurs et les masters spécialisés dans la création d’entreprise. Mais il faut intervenir dans les écoles bien en amont.

Institut Sage : Lors du sommet précédent en 2014 à Sydney, vous avez été force de propositions auprès du gouvernement. Que s’est-il passé depuis ?

Ronan Pelloux : Depuis le G20 de Sydney, certaines des recommandations ont été appliquées, comme la création du PEA-PME et l’insertion dans le cursus scolaire de l’entrepreneuriat et de G20-YEA2015-1024x611l’enseignement du langage web dès le plus jeune âge. Ce ne sont, certes que deux recommandations parmi les cinquante que nous avions suggérées. Mais c’est une avancée. Car le numérique apparaît comme une solution efficace au recrutement des jeunes. Plus globalement la délégation réfléchit à des plans d’actions pour réduire le chômage des jeunes à moins de 10% très rapidement. L’avenir d’un pays se fait avec sa jeunesse et nous devons trouver les arguments impactant afin que les jeunes puissent envisager leur futur dans l’hexagone ! Et les PME jouent un rôle central. D’après une enquête menée conjointement par le G20 YEA et Accenture l’année dernière, les PME représentent près des deux tiers des emplois et 58% du PIB en France. Depuis vingt ans, les entrepreneurs et les PME ont créé plus de 88% des emplois dans les pays industrialisés.

Institut Sage : Toujours selon l’étude réalisée par Accenture en 2014, les  entrepreneurs numériques se disent prêts à créer dix millions d’emplois. Comment ?

Ronan Pelloux : Effectivement c’est possible, mais encore faut-il lever certaines barrières administratives et financières, alors qu’à ce jour 40 millions de jeunes sont au chômage dans les pays industrialisés. Au-delà du cadre réglementaire, il est primordial d’intégrer au plus tôt les étudiants dans les entreprises. Pour cela, il est nécessaire de renforcer certaines formations stratégiques, notamment celles du numérique. Le secteur est en pénurie de profils. Arrêtons de former nos étudiants dans des filières sans avenir. Et force est de constater que les actions qui vont dans ce sens proviennent d’entrepreneurs. Regardez Xavier Niel, avec la création de deux écoles d’informatique : l’Ecole 42 et l’EEMI.

Institut Sage : Parlez-nous de Creads ?

Ronan Pelloux : A la sortie de l’ESCP-Europe, avec Julien Mechin mon associé, nous avons créé Creads, une plateforme de design participatif permettant aux marques de faire appel à une communauté de 50 000 talents pour répondre à leurs besoins en design graphique. Concrètement, nous dénichons  les meilleurs talents du monde entier pour répondre à tous les besoins en création des marques. Du nom, au logo en passant par les slogans, les documents print, quel que soit le secteur.  Creads se veut 100% participatif. L’innovation repose sur logo-blanc-creads-avec-baseline1l’engagement que les marques créent entre elles et leur communauté, sur le site, le mobile ou les réseaux sociaux. Sept ans plus tard, Creads est devenu la 1ère plateforme de design participatif de France. Récemment nous avons conclu une levée de fonds de 3 millions d’euros afin de renforcer le positionnement de Creads à l’international.

Institut Sage : Avec une croissance annuelle à deux chiffres et un chiffre d’affaires de 2 millions d’euros cette année, vous êtes parvenu à déployer Creads. Comment expliquez-vous que bon nombre de PME ont du mal à grandir, pire, à survivre ?

Ronan Pelloux : Le nerf de la guerre est l’accès au financement. Les banques sont, en France, réticentes à financer les projets, notamment dans le numérique, même si je reconnais que les entreprises n’ont pas vocation à être biberonnées indéfiniment. Il est évident que pour aborder la phase de développement, le dirigeant a besoin de se faire épauler. L’institut du mentorat par exemple, aide les PME à se restructurer pour pouvoir consolider leur activité.

Institut Sage : Quel rôle peut jouer le numérique dans le retour à la croissance ?

Ronan Pelloux : Il y a encore quelques années, le numérique était un moyen de faire. Aujourd’hui, il est une condition de survie. Uber a révolutionné l’économie dans son ensemble. Et cette révolution se répand sur toutes les couches de la société, du secteur productif aux services. Les grands groupes, en se rapprochant des start-up, ont déjà pris le train en marche, aux PME d’entrer dans la danse.

Institut Sage : Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui veulent se lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat ?

Ronan Pelloux : Go ! Le numérique est une opportunité à saisir. Créer sur le web est devenu simple et il y a de la place pour qui est prêt à y consacrer 100% de son temps.

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