Les dirigeants européens d’entreprises familiales croient en l’avenir selon le Baromètre de KPMG

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Christophe Bernard, KPMG

Institut Sage : Christophe Bernard, vous êtes Associé de KPMG, global Head of Family Business. KPMG vient de publier le quatrième Baromètre européen des entreprises familiales, quelle information forte en ressort-il ?

Christophe Bernard : Une révolution est en marche : pour la première fois, 41% des entreprises familiales européennes interrogées (plus de 1 400 entreprises) prévoient un changement stratégique dans les douze mois. Parmi celles-ci, 26% envisagent de transmettre à la prochaine génération les commandes tandis que 21% pensent en céder la propriété. La proportion d’entrepreneurs prévoyant de vendre dans l’année a doublé en deux ans. Si le nombre reste encore faible (9% environ), un véritable changement de paysage est en marche.

Institut Sage : Pourquoi un tel changement, alors que 75% des dirigeants d’entreprise interrogés ont confiance dans l’avenir de leur entreprise et affichent un niveau d’optimisme jamais atteint ?

Christophe Bernard : L’environnement concurrentiel se durcit. Malgré leur optimiste, en hausse de près de 20% en deux ans, les menaces se multiplient rendant le business de plus en plus difficile. Pour 37% des patrons la concurrence accrue est leur principale préoccupation. Autre inquiétude : la guerre des talents. Le tiers doute de la capacité de leur entreprise à exister dans la bataille de recrutement et la fidélisation des talents. Et puis la baisse de la rentabilité reste au cœur des préoccupations pour 32% des entreprises européennes et 48% des entreprises françaises. L’explication principale est le coût du travail élevé, notamment en France. C’est pourquoi elles tentent de s’adapter à la fois en formant les nouvelles générations et en ouvrant leur gouvernance à des personnes extérieures à la famille. Quelque 45% confirment avoir déjà intégré la nouvelle génération à des postes de direction tandis que 76% d’entre-elles ont déjà embauché des cadres à des emplois à haute responsabilité, notamment en France où 95% des entreprises familiales ont déjà recouru au recrutement d’experts extérieurs.

Institut Sage : Une révolution, certes, mais cela représente également un défi ?

Christophe Bernard : Les entreprises familiales sont conscientes des défis à relever, puisqu’elles accordent une grande importance à une bonne gouvernance (85%), à une transition menée en douceur (82%) et à un contrôle de l’entreprise (80%). Car une gouvernance efficace facilite la prise de décision mais surtout permet de limiter le risque de conflits potentiels. N’oublions pas que la transmission est un long processus et la préparation et la formation du successeur est fondamentale. Tout comme garder le contrôle familial sur l’entreprise.

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Institut Sage : Quelles sont les entreprises qui arrivent, finalement à mieux surmonter ces obstacles ?

Christophe Bernard : Indéniablement, les plus grandes. Preuve, 81% des entreprises qui réalisent plus de cinquante millions d’euros de chiffre d’affaires affichent leur confiance pour les douze prochains mois, une proportion qui n’atteint que 66% dans les petites entreprises (moins de dix millions d’euros de chiffre d’affaires). Il existe une véritable prime à la taille. Les plus grandes entreprises sont plus confiantes et investissent largement dans les deux principaux leviers de leur croissance : l’innovation et le développement international.

Institut Sage : Et qu’en est-il des entreprises familiales françaises ?

Christophe Bernard : Quant à la France, les entreprises familiales profitent moins de la reprise européenne. Du coup, elles se situent en dessous de leurs équivalentes européennes : seules 60% des entreprises familiales se disent confiantes dans l’avenir. Elles sont moins nombreuses à déclarer une hausse de leur chiffre d’affaires : 73% ont enregistré une hausse ou un maintien de leur chiffre d’affaires contre 84% pour les entreprises européennes.

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