Pour devenir la Silicon Valley de l’Europe, faisons confiance à l’énergie vitale de nos entrepreneurs, Serge Masliah, Sage France

Serge Masliah est nommé EVP – Directeur Général de Sage France

Serge Masliah

La France est historiquement un pays d’ingénieurs. Selon Forbes, il est encore aujourd’hui le premier pourvoyeur de jeunes ingénieurs en Europe. Historiquement favorable aux high-tech, la France est en pointe pour la qualité de ses développeurs, attirant les talents technologiques en seconde position derrière l’Amérique du Nord. Elle a su tirer parti de l’innovation, notamment avec le crédit impôt recherche. De fait, en combinant ces deux facteurs, elle accueille de grandes entreprises comme Microsoft ou plus récemment Apple pour leurs centres de développement. Mais au-delà de cette attractivité, les entreprises françaises sont-elles armées pour faire de notre pays la référence en termes de transformation numérique ?

L’accompagnement de la transformation numérique : un enjeu majeur

Globalement, la majorité des entreprises a su tirer parti du numérique. Le Forum économique mondial classe la France au-dessus de la moyenne des pays à hauts revenus concernant l’usage des TIC dans les entreprises*. Sur le terrain, j’observe d’ailleurs que les entrepreneurs utilisent les nouvelles technologies comme une ressource transparente et toujours disponible. Comme l’électricité, celle-ci est indispensable au fonctionnement et au pilotage de l’entreprise. En effet, 71% des PME sont équipées d’un outil de gestion et 67% ont mis le Cloud à leur ordre du jour pour leur prochaine évolution (source : étude Sage/BVA 2014). Près de la moitié des entrepreneurs est équipée d’un smartphone et la mobilité est une priorité pour la majorité d’entre eux**. Depuis quelques mois, je constate également une demande croissante pour des solutions métier permettant la maîtrise des coûts (suivi des prix ou de la production, traçabilité, suivi en temps réel pour l’industrie).

Comment-reunions-ont-evolue-dans-entreprises-F-2Cependant, il nous reste des progrès à faire. Dans nos PME, le téléphone et le fax sont encore trop présents et les systèmes d’information sont rarement interconnectés entre acteurs économiques. En outre, la faible utilisation du CRM et des plateformes d’e-Commerce freine leur développement. La capacité de nos entreprises à absorber la technologie est en cause. Il s’agit davantage d’une question de culture que d’un problème de moyen. Dans le monde numérique qui se crée, elles n’ont déjà plus le choix si elles souhaitent  profiter des opportunités extraordinaires qui s’offrent à elles. L’accompagnement de leur transformation numérique est un enjeu majeur dont la responsabilité collective incombe à chaque acteur de leur écosystème.

La France sait entreprendre

Par ailleurs, nous assistons à un net changement de mentalité chez les jeunes entrepreneurs. Notre pays a toujours su innover : le Concorde, le Minitel, le TGV, la recherche médicale… Aujourd’hui des réussites comme Finexkap, Teads, BlaBlaCar, Ornicar, Lunettes pour tous, Free, Vente-privée.com ont toutes le point commun d’avoir naturellement placé le numérique au cœur de leur ADN. Voilà la raison  principale de la fulgurance de la croissance de ces entreprises. L’innovation elle-même se trouve au cœur de leur business model et de leur organisation dans l’usage qu’elles font de la donnée, dans la création d’un algorithme, ou dans l’utilisation judicieuse de la mobilité ou du e-commerce. Ce ne sont pas des révolutions technologiques, mais des révolutions d’usages. Une amplification des besoins existants, déjà exprimés par leurs consommateurs. Nous aurions tellement à gagner en accordant plus de French-Tech_vignette_fullconfiance à ces jeunes entrepreneurs qui, en nous apportant de nouvelles façons d’utiliser nos TIC, portent notre croissance et nos futurs emplois.

Je suis porté par une certitude : la France sait entreprendre. Les entrepreneurs français démontrent une réelle « envie ». Déjà, 34% des jeunes souhaitent créer leur entreprises et deux-tiers avant l’âge de trente ans ! Partout, nous voyons bouillonner les initiatives pour aider les entrepreneurs à effectuer leur transformation numérique. D’ailleurs, le gouvernement ne s’y trompe pas et a mis en place la French Tech.  Il souhaite que, dans les prochaines années, la France soit le premier pays connecté en termes de mobilité et d’internet. Il vient de créer un cursus dédié au numérique pour lequel l’Etat va investir un milliard d’euros sur trois ans. Les efforts portés par l’ensemble des acteurs économiques vont aussi dans ce sens et c’est une bonne chose. Je suis également convaincu que, fidèle à ce qu’elle est et à ce qu’elle nous a récemment montré, notre jeunesse sera audacieuse et s’engouffrera dans la moindre brèche ouverte par les discontinuités de marchés, de technologie ou d’usage. C’est pourquoi je pense que la France a les atouts pour devenir la Silicon Valley de l’Europe.

Serge Masliah, Directeur Général de Sage France

 

* Rapport du Forum Economique mondial sur la capacité des Etats à tirer parti des TIC

** Source : Sage 2014

 

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