La gestion active de la trésorerie est une priorité

Alain Mutel, Sage France

Selon Alain Mutel, chef de marché Comptabilité – Fiscalité – Finance – Réseau Banque de Sage France, la gestion fine de la trésorerie n’est pas réservée aux grandes entreprises. Quand la santé financière demeure fragile, un simple retard de paiement mal anticipé peut mettre en danger la pérennité même d’une société. Que l’on soit dans une démarche défensive ou offensive, la trésorerie reste toujours le nerf de la guerre. Encore faut-il s’équiper en conséquence si l’on ne veut pas passer plus de temps à préparer les plans de trésorerie qu’à en tirer des conséquences opérationnelles.

Peut-on piloter à vue ?

Le paiement d’un client qui se fait attendre, la facture d’un fournisseur à régler rapidement pour disposer des marchandises, les paies de fin de mois : autant de recettes et de dépenses qui ne se gèrent pas à vue. D’autant que le nombre toujours très élevé de défaillances d’entreprise accentue encore les risques. Même une PME qui dispose de liquidités peut se retrouver confrontée à des échéances qui peuvent être fatales si elles sont mal anticipées.

Aujourd’hui, la grande majorité des entreprises pratiquent la gestion  de trésorerie sous Excel. Alors qu’elles disposent presque toutes de logiciels de comptabilité et d’une gestion commerciale, la plupart continue de s’appuyer sur des calculs maison arithmétiques effectués sur la base des indications du dirigeant ou des directeurs. La gestion de la trésorerie mérite mieux car elle peut devenir le meilleur outil de pilotage de l’entreprise.

Piloter par la trésorerie

La trésorerie constitue un incontournable indicateur de gestion, appliquée et/ou prévisionnelle. Elle est la tour de contrôle qui remonte des informations cruciales, et entraîne des décisions adaptées à toutes les situations. Car disposer d’un point à jour sur les débits et les crédits ne suffit plus. Le plan de trésorerie appelle des actions : organiser des décalages, anticiper des règlements, trouver les financements des insuffisances de trésorerie.

Parmi les recherches de financement en réponse aux anticipations, et selon la durée des périodes incriminées, on pourra par exemple choisir de demander/modifier une ligne de découvert autorisé à sa banque, d’escompter des effets de commerce – ou de mettre en place un financement dans le cadre de la loi Dailly, de demander des avances sur les commandes en cours voire d’escompter son Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) auprès de sa banque (par anticipation).

Dans le monde dématérialisé que nous connaissons aujourd’hui, il faut pouvoir réagir encore plus vite. Les délais d’exécution des prélèvements SEPA (J+1 pour le SDD B2B récurrent et ponctuel, J+2 pour les SDD B2C récurrent et 5 jours pour le SDD B2C ponctuel), la généralisation des documents dématérialisés, mais aussi l’allongement des délais de contentieux : tout milite pour une gestion en temps réel de ses plans de trésorerie.

Choisir un logiciel de gestion de trésorerie

Bien sûr, on peut encore gérer sa trésorerie sur des feuilles Excel. Il faut juste accepter de perdre son temps à recopier des données, à modifier à la main les échéances, à corriger les erreurs… et à prier pour que personne ne touche aux formules de la feuille de calcul. Voilà un temps qui serait mieux employé à l’action, une fois tirées les conséquences d’une situation claire, d’un plan de trésorerie à jour mis au point par un logiciel spécialisé.

Dans une solution de gestion de trésorerie, les données des extraits bancaires sont injectées directement, tout comme les données en provenance du logiciel de comptabilité. Le logiciel de trésorerie automatise tous les calculs, et fournit une information détaillée sur les éventuels écarts qu’il a identifiés.

De multiples besoins couverts

Une bonne solution informatique de gestion de trésorerie peut offrir par exemple un tableau de bord en temps réel – le logiciel est connecté avec la comptabilité clients et fournisseurs, et même avec vos comptes bancaires ; une gestion multi-banques avec optimisation des flux ; la gestion des placements financiers (OPCVM) ; la gestion et optimisation des agios bancaires ou un modèle de souscription qui transforme l’immobilisation logicielle en factures récurrentes de location.

Enfin, un bon logiciel de gestion de trésorerie permettra l’exportation des données sous forme Excel, pour permettre à chacun de présenter les chiffres comme il le souhaite. Parce que la trésorerie constitue le moment fondamental de dialogue entre le département gestion et la direction !

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