Favoriser la création et la transmission des TPE et entreprises artisanales

Aujourd’hui le marché de l’artisanat et des TPE représente le plus important employeur de France. En effet, ce secteur compte près de 3,4 millions d’entreprises et 7 millions de salariés, qui représentent 2 000 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 25 % du PIB ! Mais 2013 ne s’est pas avérée une année faste pour les artisans. « La compétitivité entre artisans s’est accrue car le consommateur sollicite plus d’entreprises pour les devis par exemple ce qui exige une meilleure réactivité dans les réponses aux devis », remarque Arnaud Merlet, directeur Marketing Produits et Services à la division Petites Entreprises, ‎de Sage France. « De plus, les artisans doivent améliorer l’accès à l’information sur les matières premières et les tarifs de leurs fournisseurs. Sans oublier la hausse des cessions d’entreprises en raison d’une population d’entrepreneurs assez âgée, d’environ 49 ans. »

Nouveaux types de chef d’entreprise

Ce contexte a notamment amené le précédent gouvernement à mettre en œuvre la Loi Pinel, adoptée en février. Parmi les mesures figure la valorisation des savoir-faire des artisans en supprimant la notion d’artisan qualifié. Le titre d’artisan sera désormais réservé aux chefs d’entreprise détenant une qualification professionnelle ou une expérience dans le métier qu’ils exercent. Enfin, le texte de loi permet désormais aux entreprises artisanales de plus de dix salariés, y compris celles qui font l’objet d’une cession ou d’une transmission, de rester immatriculées au répertoire des métiers quand elles souhaitent continuer à bénéficier de l’accompagnement des Chambres de métiers et de l’artisanat (CMA). « Le texte prévoit la rénovation des chambres des métiers et des commerces pour accompagner le mouvement de passer d’auto-entrepreneur à EURL après un stage de formation de 4 jours contre un jour auparavant », analyse Arnaud Merlet.

C’est pourquoi intervient aujourd’hui un cycle qui comprend de nouveaux entrants et de nouveaux chefs d’entreprise non forcément issus de l’artisanat. « Il s’agit encore d’une minorité plus jeune avec une autre expertise », estime-t-il. « Auparavant, les entreprises se transmettaient de pères en fils, ce qui est de moins en moins le cas aujourd’hui. Ainsi, en 2013, quelque 30 000 entreprises ont été à céder mais 60% n’ont pas trouvé de repreneurs ce qui représente une énorme perte de richesse. » D’où la nécessité de favoriser en harmonie le développement en même temps de la création et de la transmission d’entreprise. « Toutefois, cela suppose de revaloriser davantage le travail manuel à l’école afin d’orienter les jeunes vers ces métiers et créer un vivier pour des repreneurs », précise Arnaud Merlet.

Accompagner les TPE et artisans

Autre défi : décharger les artisans et les TPE de la lourdeur administrative en  simplification des démarches à travers des mesures comme le SEPA, la déclaration sociale nominative (DSN) ou d’autres chantiers fiscaux… « Dans le même temps, il est nécessaire d’entretenir la richesse de ce secteur et de la développer », poursuit Arnaud Merlet. « La France compte peu d’Entreprises de taille intermédiaire (ETI) à la différence de l’Allemagne : 98% des entreprises françaises ont moins de 20 salariés ! Le passage vers le modèle ETI reste difficile du fait notamment des obligations légales dès le cinquantième salarié. »  

Dans ce cadre, il est important d’accompagner le chef d’entreprise dans son développement et de lui proposer non plus seulement des produits mais surtout des services. « Les partenaires des entreprises comme Sage vont devoir fournir un important effort d’évangélisation pour expliquer les nouveaux moyens d’accompagnement et de soutien qui existent tout en valorisant leurs compétences et expertises sur les marchés sur lesquels ils travaillent », relève Arnaud Merlet. « Nous allons nous appuyer notamment sur les revendeurs pour y parvenir en vue de montrer les nouveaux modèles économiques financiers comme les offres par souscription par exemple qui permettent un lissage par mensualité. Nous ne sommes plus dans l’immobilisation et l’amortissement mais dans les charges qui diminuent l’impôt sur les sociétés. Ainsi l’entreprise peut-elle gérer son équipement informatique selon son activité. En passant par un réseau de distribution, à l’image des concessionnaires automobiles, le fournisseur est avec en phase avec le tissu local et est à même de proposer des services sur-mesure de proximité. »

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