L’environnement numérique d’un pays a un impact sur sa croissance selon le Boston Consulting Group

Boston Consulting GroupPar ces temps de croissance faible, tout ce qui peut apporter des stimuli à l’économie ne saurait être négligé. La qualité de l’environnement numérique en est un. Dans unrapport de janvier 2014, le Boston Consulting Group (BCG), a évalué les contraintes qui pèsent sur l’économie numérique dans 65 pays et établi un classement selon un indice des « e-frictions ». Cet indice repose sur quatre indicateurs : contraintes liées aux infrastructures (accès à Internet plus ou moins favorisé), contraintes liées au secteur d’activité et aux individus (engagement et confiance des entreprises et consommateurs à l’égard des transactions en ligne) et enfin, les contraintes liées aux informations disponibles en ligne.

La France au 19ème rang

Résultat : selon le Boston Consulting Group l’écart de croissance entre les pays où de fortes contraintes pèsent sur l’économie numérique et les pays où les contraintes sont faibles, peut représenter jusqu’à 2,5% du PIB. «L’économie numérique croît rapidement, souvent plus rapidement que l’économie traditionnelle, les pays soumis à de fortes contraintes risquent de passer à côté d’une source importante de croissance et de créations d’emplois », explique Pierre-Yves Jolivet, Directeur Associé du BCG à Paris. « Les pays qui parviendront à lever les contraintes qui pèsent sur leurs entreprises et leurs consommateurs seront en mesure de créer de la valeur et de booster leur économie. »

Dans le peloton de tête de ce classement, où les « e-frictions » sont les plus faibles, on retrouve les pays nordiques qui bénéficient d’infrastructures solides et d’environnements réglementaires favorables ainsi que la Suisse, Hong-Kong et Singapour. Les positions de ces trois derniers pays reflètent l’ancrage de leurs économies dans la mondialisation et leur niveau important de connexion avec le reste du monde, selon le rapport. Des pays aux performances économiques plutôt bonnes, tout comme celles de l’Allemagne et du Royaume-Uni, se classent respectivement en 11ème et 12ème position du classement établi par le BCG. La France, en 19ème position, s’avère plus éloignée même si son environnement numérique est de qualité aux yeux du BCG. Une position qui est, peu ou prou, celle de l’Hexagone dans un autre classement, orienté, lui, sur l’efficacité économique d’un pays, à savoir celui du Forum économique mondial.

Boston Consulting Group - classement numérique par pays

Infrastructures : la France doit mettre les bouchées doubles

La « e-friction » la plus importante de la France tient à ses infrastructures, contrairement à d’autres pays tels que la Suède, la Suisse ou la Corée du Sud où le déploiement de la fibre optique permet l’accès direct à l’Internet fixe à très haute vitesse. La France veut justement rattraper son retard dans ce domaine. Au cours de la première conférence annuelle du plan France très haut débit, qui s’est tenue début février, les enjeux de ce déploiement ont été rappelés, ainsi que les investissements à réaliser et l’état du marché. Dans une économie de plus en plus connectée et mondialisée, le déploiement généralisé de la fibre optique est devenu vital pour le développement des entreprises, notamment des PME. « Parmi les PME, celles qui ont le plus recours à Internet sont les plus à même d’étendre leur activité au-delà de leur région d’origine. Elles sont plus susceptibles de vendre (à 50 %) et d’acheter (à 63 %) des biens et services en dehors de leur région. Mais elles sont aussi confrontées à des obstacles qui les ralentissent ou les empêchent d’exploiter pleinement le potentiel d’Internet. Leur plus grand souci est la protection des données des consommateurs – sujet qui préoccupe fortement les consommateurs eux-mêmes », rappellent les auteurs du rapport. Ils estiment essentielle la mise en place de politiques qui favoriseraient les investissements, notamment en matière d’infrastructures.

Afin que 100% de la population française soit couverte en 2022 par la FTTH (la fibre optique jusqu’au logement), contre 31% aujourd’hui, la France aura à investir au total 20 milliards d’euros dont 3,3 milliards à la charge de l’Etat. Le reste provient des opérateurs, des collectivités locales et de la banque européenne d’investissement.
Fin 2013, le nombre d’abonnés à l’Internet très haut débit s’élevait à 1,8 million, soit 400 000 de plus par rapport à fin 2012. L’Internet fixe à très haut débit est un marché en pleine expansion.

Donnez votre avis sur cet article !

Vous avez envie de contribuer à la rédaction ? Soumettre un article