SGIV France : une entreprise en perpétuel mouvement

Amaury SimonInstitut Sage : Amaury Simon, vous êtes membre associé de la chambre de commerce de Cergy, président de CESE (Carrefour Enseignement Supérieur Entreprise) 95 et ancien président du CJD (Centre des Jeunes Dirigeants). Voilà presqu’une décennie que vous avez fondé une PME, SGIV France. Quel regard portez-vous sur ces dix années d’entreprenariat ?

Amaury Simon : La création d’entreprise est bien plus qu’une aventure, c’est une véritable odyssée. Mon chemin n’était pas construit. J’ai découvert un univers de tous les possibles. En dix ans, avec toute mon équipe nous avons créé de nouveaux métiers au gré des opportunités. Nous sommes partis de l’identification visuelle sur les magasins et nous nous sommes étendus sur la signalétique, puis sur le mobilier et enfin l’éclairage. Nous sommes aujourd’hui les seuls à offrir une prestation globale d’identification visuelle.

Institut Sage : Vous pouvez nous parler de votre métier ?

Amaury Simon : Nos savoir-faire en matière d’enseignes, de signalétique et de mobilier va de la conception à la maintenance. Dans chacun de nos trois métiers, un bureau d’études dédié prend en charge chaque projet en fonction des attentes, de la faisabilité et du budget du client, de la conception, à la fabrication jusqu’à la pose et la maintenance. La production se fait via deux pôles : un pôle enseignes et signalétique qui intègre cinq grands métiers (tôlerie, peinture, électricité, décor et emballage) et un pôle mobilier dédié à la menuiserie, au verre et au décor. Enfin, nous avons un parc de machines numériques de pointe. Notre démarche active en matière de développement durable nous amène à investir en permanence sur nos outils de production. Pour ce qui est de la pose, nous avons en 2008 créé un réseau de partenaires en France et à l’étranger capable de suivre nos clients, grâce à une logistique rigoureuse. Enfin pour la maintenance nos équipes sont capables d’intervenir très rapidement via nos réseaux.

Institut Sage : En tant que chef d’entreprise, quelles sont vos priorités aujourd’hui ?

Amaury Simon : D’abord, consacrer chacun de nos efforts à la satisfaction de nos clients. Pour réaliser ce challenge, nous avons développé une politique « qualité totale », qui s’appuie sur la communication, la formation et l’implication du personnel. Notre politique tourne donc autour de quatre axes essentiels. Le premier, est le service client. Pour y répondre nous avons intégré dans nos tableaux de bord des indicateurs tels que le taux de non-conformité en dessous de 3% ou le taux de retour chantier inférieur à 3%. Le deuxième est le service de l’entreprise, en respectant la législation et la réglementation applicable en matière de sécurité et d’environnement, en gérant nos déchets industriels ou en dépassant notre objectif de chiffre d’affaires. Le troisième est le service aux collaborateurs, en faisant de chacun le premier client et le premier fournisseur de l’entreprise. Enfin le quatrième est le service au tiers, en améliorant notre comportement environnemental.

Institut Sage : Quel est votre état d’esprit du moment ?

Amaury Simon : Je suis confiant. Notre chiffre d’affaires progresse d’année en année. En 2012, nous avons généré cinq millions de chiffre d’affaires. Et nous comptons bien le tripler d’ici à trois ans. N’oublions pas que la maintenance d’une enseigne permet d’assurer une meilleure visibilité du point de vente et donc de son image de marque. D’après une étude menée par Synafel, le syndicat du secteur, une enseigne en bon état de fonctionnement peut apporter 8 à 13% de chiffre d’affaires supplémentaire.

Institut Sage : Comment traversez-vous cette période de troubles économiques ?

Amaury Simon : Avec un double regard. Nous traversons une zone de turbulence. Le climat des affaires est morose. Et l’environnement politique est pesant. Les entrepreneurs sont malmenés. Mais paradoxalement, c’est dans ces périodes de troubles que l’on peut créer le champ de tous les possibles. Tout ce qui existe aujourd’hui est voué à disparaître, mais un monde nouveau s’offre à nous. L’innovation crée de nouveaux métiers. Nous sommes en train de vivre la fameuse destruction créatrice décrite par Schumpeter. Du coup, jamais les entrepreneurs n’ont été dans une telle dynamique.

Institut Sage : Mais à court terme, quelles sont vos difficultés ?

Amaury Simon : Le manque de visibilité et l’instabilité généralisée. Nous sommes en train de vivre une véritable fracture fiscale, pas tant pour le sac à dos que le gouvernement nous rempli tous les jours un peu plus, mais pour les règles du jeu fiscal qu’il n’est pas capable de définir. Alors on navigue à vue.

Institut Sage : Dans cet univers instable, quels sont vos outils de gestion ?

Amaury Simon : L’innovation des techniques de production mais également des services. C’est la condition indispensable pour durer. Cela suppose donc que l’entreprise doit continuer à investir. Dans les outils de production mais également dans les outils de gestion, de devis, de factures, de comptabilité, dans les outils de gestion de l’activité commerciale, également pour gagner en productivité et en efficacité. L’autre levier est l’exportation. Nous nous sommes aventurés il y a seulement quatre ans sur les marchés extérieurs. Aujourd’hui, l’international représente presque 30% de notre chiffre d’affaires. Enfin, l’organisation s’est avérée être un puissant outil de création de richesses. Nous l’avons révolutionné il y a deux ans. Chaque entité est autonome. Des petites entreprises à l’intérieur de l’entreprise en quelque sorte.

Institut Sage : Quels conseils donneriez-vous à des entrepreneurs en herbe ?

Amaury Simon : D’abord, osez. Osez suivre ses intuitions, osez prendre des risques. Ensuite, intégrer un réseau. A plusieurs, on déplace des montagnes. Enfin, continuer à se former pour durer.

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