L’innovation de FretBay chamboule l’univers du déménagement

photo-Areeba-RehmanInstitut Sage : Vous avez créé FretBay, une plateforme de mise en relation entre les expéditeurs et les transporteurs après avoir été enseignante d’anglais. Comment passe-t-on de fonctionnaire de l’éducation nationale à chef d’entreprise ?

Areeba Rehman : En aimant le risque, en travaillant beaucoup et en croyant dur comme fer au potentiel de l’économie française !

Institut Sage : En parlant d’économie française, comment s’annonce la rentrée pour vous dans un contexte où une frémit une lueur d’espoir ?

Areeba Rehman : Notre activité est saisonnière. Les déménagements se font traditionnellement entre juillet et début septembre. Par rapport à l’an dernier, nous pouvons d’ores et déjà dire que notre chiffre d’affaires, sur les trois derniers mois, est en nette progression. Certes, comme toutes les entreprises, la crise est palpable. Si la demande reste dynamique, l’acte d’achat, en revanche, est plus réfléchi. Ce qui est sûr, c’est que les particuliers recherchent des prix bas pour toujours plus de services.

Institut Sage : Dans ce cadre, quels sont vos objectifs pour 2013 ?

Areeba Rehman : Nous avons réalisé en 2012, 300 millions de chiffres d’affaires pour 15 000 demandes par mois. Cette année, nous doublons nos effectifs, en passant de 7 à 14 salariés et nous visons le million d’euros, en développant notre activité en France mais en pénétrant également les marchés extérieurs. Après l’Espagne, nous visons le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Italie. Nous y travaillons déjà. Mettre en place des équipes sur place n’est pas simple, mais nous sommes sur la bonne voie.

Institut Sage : De quelle manière comptez-vous financer cette croissance ?

Areeba Rehman : J’ai créé FretBay en 2008 avec 2 500 euros ! La même année, Scientipôle Initiative nous a octroyé un prêt de 60 000 euros à taux 0. Mais pour passer à la vitesse supérieure nous avons réalisé en 2012 une levée de fond de 431 000 euros. Ce qui nous a permis de recruter er d’accélérer le développement interne.

Institut Sage : Vous envisager de faire appel à d’autres fonds d’investissement pour atteindre le million d’euros ?

Areeba Rehman : Non. Je compte sur nos fonds propres. Notre trésorerie suffira à financer nos investissements.

Institut Sage : Avec la crise, la trésorerie des PME s’est dangereusement asséchée. Comment faites vous pour conserver votre cash ?

Areeba Rehman : D’abord, notre carnet de commandes est bien rempli. Mais aussi parce que je gère mon entreprise « en bonne mère de famille ». J’ai les yeux rivés sur les tableaux Excel et je suis la seule à détenir un chéquier. Cela évite des surprises.

Institut Sage : Graal suprême : la reconnaissance de vos pairs. Vous avez, à plusieurs reprises, été récompensée ?

Areeba Rehman : En effet, depuis deux ans nous multiplions les récompenses. Femme de l’industrie 2012 par l’Usine Nouvelle, Graine de Boss par M6, Entreprise éco-innovante un prix du Val-de-Marne et nous avons été vainqueur du Trophée d’or E-Commerce dans la catégorie logistique. La reconnaissance de nos pairs est précieuse.

Institut Sage : Quels conseils donneriez-vous à une femme ou un homme qui voudrait sauter le pas de l’entreprenariat ?

Areeba Rehman : Réaliser une étude de marché. Aussi bonne que soit votre idée, elle n’est pas garante de votre réussite. Il faut également s’avoir bien s’entourer et gérer au centime d’euro près.

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